5 ans avec sursis : colère de la mère infanticide

Résumé : Cris de colère et menace de suicide pour la maman qui a tué sa fille lourdement handicapée en 2010 à l'annonce du verdict : 5 ans de prison avec sursis. Elle espérait la clémence du jury et l'acquittement en déclarant avoir fait un "acte d'amour

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Par Alexandra Turcat

Le procès d'une mère qui a mis fin aux jours de sa fillette très lourdement handicapée, Méline, en 2010 à Saint-Malo, s'est achevé mardi 15 septembre 2015 avec ses cris de colère et ses invectives aux jurés après sa condamnation à cinq ans de prison avec sursis alors qu'elle attendait un acquittement. Bien que la cour ait retenu comme circonstance atténuante une altération de son discernement et que sa peine soit intégralement assortie de sursis, Laurence Nait Kaoudjt, qui encourait la réclusion criminelle à perpétuité, a crié sa colère et son écœurement aux jurés, aussitôt après l'énoncé du verdict. « J'aurais mieux fait de mourir. Vous n'avez pas de cœur, vous n'avez pas compris mon geste d'amour. Si, demain, vous lisez que je me suis suicidée, je vous regarde tous dans les yeux, c'est sur votre conscience », leur a crié cette femme de 49 ans aux cheveux grisonnants depuis le box des accusés, tandis que le président de la cour d'assises, Philippe Dary, mais aussi sa propre mère, lui demandaient de se calmer.

« Elle n'avait pas d'autre choix »

Ses avocats avaient plaidé pour son acquittement. « Elle a tué sa fille, mais elle n'est pas une meurtrière, contrairement à ce qui a été requis. La contrainte morale intérieure existe », avait ainsi déclaré Me Éric Dupond-Moretti. « Oui, elle a tué, mais est-elle coupable de l'avoir fait ? Vous avez des experts qui disent qu'en réalité, elle n'avait pas d'autre choix », a-t-il ajouté. « Elles ne faisaient qu'une, elles étaient fusionnelles, c'était une peau pour deux... » L'avocat général, Yann Le Bris, dont les réquisitions ont été intégralement suivies, avait pour sa part rappelé combien, dans ce dossier sensible, depuis la découverte du corps de la fillette de huit ans étranglée au matin du 23 août 2010 jusqu'à l'audience, l'ampleur de la peine de la mère, dont le placement en détention n'a jamais été envisagé, avait pris le pas sur la démarche judiciaire. Il avait appelé la cour à « l'empathie » avec sa douleur pour déterminer sa peine, tout en les rappelant à la « raison » afin qu'ils la déclarent bel et bien coupable de meurtre. « Personne n'est propriétaire de son enfant », a souligné l'avocat général.

L'humanité de la fillette niée ?

« Même si cet enfant est handicapé, il est autonome, il a sa vie, il a son humanité. Si vous dites aujourd'hui : "elle n'est pas coupable", vous niez cette humanité. Dans le référentiel commun de la société, on a toujours le choix de ne pas étrangler une petite fille », a-t-il martelé. M. Le Bris a rappelé les derniers éléments de la vie de huit ans de la petite Méline, brune aux longs cheveux frisés dont plusieurs photos, y compris sur son lit de mort, ont été montrées à l'audience juste avant son réquisitoire. « Elle avait des peluches, des jouets, elle souriait, elle aimait faire du poney (pas toute seule), elle aimait la musique, elle aimait le contact... C'est quelqu'un qui a eu une existence, elle a eu une vie, elle a été heureuse. »

Meurtre et tentatives de suicide

Dans la matinée, dans un récit qui a glacé la cour et l'audience, souvent en larmes mais assumant tous ses actes, Laurence Nait Kaoudjt a expliqué comment le 15 août précédant les faits, se sentant impuissante à continuer à lui épargner les souffrances de son handicap et craignant d'en être séparée, elle avait pris sa décision. Le 22 août 2010, elle a couché sa fille après lui avoir donné un peu de somnifère et un antidouleur « pour qu'elle n'ait pas mal ». Puis elle a étouffé Méline à l'aide d'une écharpe. « J'ai dit : "Méline, c'est maman qui t'aime, c'est maman ma chérie..." J'ai dit : "Seigneur, prenez mon enfant" », raconte-t-elle. « Je lui ai chanté une petite chanson, je suis restée comme ça... Et puis, au bout de quelques temps, je ne sais pas, je me suis dit : "ça doit être fini". » A l'aide d'une forte dose de somnifères et en se tranchant les veines, elle tente de se suicider mais se réveillera le lendemain matin. « Je serais partie avec ma fille, on aurait dit : "c'est un drame de la désespérance" et je ne serais pas là à être jugée. »

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Le 16-09-2015 par Martine Barosco Le Luc :
La société a une grande part de responsabilité pour ne pas avoir aidé cette maman dans cette tâche immense sans espoir et surtout sans fin avec un enfant si lourdement handicapé, il a peu de personnes à s'intéresser au sort des personnes handicapés pour en connaître la teneur et la lourdeur de la tâche. Non les jurés n'ont pas compris l'amour, la détresse et la douleur de cette maman dans sa trop grande solitude. Comment condamner cette femme abandonnée qui s'est retrouvée seule avec son enfant conçu après un viol de son compagnon, elle avait dû s'en séparer puisqu'il l'a battait et malgré plusieurs plaintes, il n'a pas jamais été jugé ni condamné, il avait reconnu sa fille mais payait-il une pension alimentaire? Cette maman aurait sûrement aimé être épaulé par un homme fiable dans ce chemin de croix, puisque c'est une présence quotidienne nuit et jour, ces familles n'ont jamais de repos ni de vacances. Qui résisterait à un tel régime aussi inhumain!

Le 16-09-2015 par titi37 :
Le moins qu'on puisse dire, c'est un sujet qui ne fera pas consensus.

On peut comprendre la réaction de cette mère.
Ce genre d'affaire étant soumis à l'avis d'un jury, juridiquement usuel, mais dont la légitimité peut-être contestée par cette mère de famille confrontée au handicap (très lourd, et très insuffisamment reconnu et pris en charge dans notre société)et qui ne sent ni aidée, ni comprise.

Le 17-09-2015 par Brijou :
Un meurtre est un meurtre.peut-être que les avocats de cette meurtrière ne savent pas lire la définition du mot: tuée,ôter une vie..ce n'est pas à nous de choisir notre mort.si elle voulait vraiment se suicidé, pas besoin de menace car elle y serait arrivée..

Le 17-09-2015 par Bakou 9 :
Je suppose que les jurées ont prononcé la sentence en leur âme et conscience , un seul commentaire " échangerai fauteuil roulant tout confort contre paire de jambes même usagées .

Le 17-09-2015 par Bruce :
Et Méline alors ? Qui pense à Méline ? Je suis moi aussi handicapé. La vie est dure, très dure, certainement beaucoup plus dur que pour un valide. Mais je ne donne à personne le droit de m'assassiner. Et certainement pas à mes parents.

Le 18-09-2015 par isa 56100 :
on ne peu jugè que si l on na vécu et ressentie ce que cette mère a fait moi j ai un fils handicaper et malade et je suis seul avec lui en ten que mère pour l amour que j ai maintenant je ne vie que pour mon fils et je peu vous dire que quand vous avait un enfant handicaper et malade vous être seul et couper du monde et de tout le reste jugée de ce quant ne vie pas cette mère a fait ce quelle a fait moi je pence souvent a ce que mon fils deviendra quand je serai pu la et j en nés peur tout l amour que l on na pour eu sera t il pareil quand on sera pu la pour les protégé vu le monde dans le quelle on vie cette mère a penser comme tout les mère car on donne plus q une mère donnerait pour un enfant non handicaper je ne juge pas cette mère elle a eu un grand courage pour faire ce quelle a fait


d une personne au prés de elle avec une personne handicaper autonome chez elle ce nés pas la même chose



Le 18-09-2015 par isa 56100 :
encor une chose a dire qui somme nous pour jugè ce que l on ne vie pas

Le 18-09-2015 par Frédérique :
La vie avec une personne handicapée est difficile, tout le monde le sait (sauf les instances officielles sans doute) et moi aussi mais bon sang, de quel droit aller tuer une personne handicapée, sous prétexte qu'on trouve la vie, avec elle, "difficile" ?
Où est la limite ?
Les aidants qui ont un conjoint atteint de la maladie d'Alzheimer, n'ont qu'à l'assassiner aussi parce qu'ils n'en peuvent plus !
Moi, je dis pauvre enfant ! il ne faut pas inverser les rôles, c'est l'enfant qui est morte, pas la mère. L'enfant, à qui on avait trouvé un accueil me semble-t-il, un comble.
La semaine passée, un père a été condamnée à 30 ans pour avoir tué son petit garçon. Cette semaine, une mère qui a fait la même chose n'a que du sursis...
Ce jugement montre tout simplement que la vie d'une personne handicapée n'est pas considérée comme digne d'être vécue, ne sont pas des personnes à part entière, partie intégrante de la société.
Bizarre, ça me rappelle quelque chose...
http://22q13.fr

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