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Main imprimée en 3D : bientôt pour d'autres Français ?

Résumé : Buzz médiatique autour de la main prothétique de Maxence "faite maison".C'est Thierry Oquidam qui a introduit le concept e-Nable en France.Bientôt pour d'autres enfants ? Réponse aux questions d'Alexandre Moussion, spécialiste de l'impression 3D

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Primante 3D : Quel est l'objectif du projet e-Nable ?
Thierry Oquidam : e-Nable (site en lien ci-dessous) est une fondation née aux Etats-Unis il y a trois ans. Cette ONG regroupe aujourd'hui plus de 6000 volontaires qui conçoivent, impriment et donnent des appareils d'assistance pour les mains aux personnes qui en font la demande. Un réseau mondial de bénévoles passionnés en impression 3D qui ont décidé de donner un petit "coup de main" au monde.

P 3D : Vous êtes le «maker» qui a introduit ce concept en France ; dans quelles circonstances ?
OT : Passionné de nouvelles technologies, j'avais quasiment décidé, début 2014, d'investir dans une imprimante 3D. Se posait alors la seule question résiduelle : que faire avec, à part imprimer des Mickeys pour mes enfants ? Ce qui est en soi une activité louable mais ne correspond pas vraiment à un projet. Au cours de ma R&D (recherche et développement), je suis tombé sur le site d'e-Nable. J'avais trouvé ! J'ai acheté une Prusa i3 en kit chez e-motion tech à Toulouse (des passionnés) et j'ai appris à m'en servir en deux mois.

P 3D : En septembre 2014, vous imprimez votre première main.
OT : Oui, je ne suis pas un grand connaisseur des autres mouvements. J'ai rencontré quelques personnes formidables lors de la Maker faire 2015 à Paris où j'avais pris un stand pour faire connaître e-Nable. J'ai un métier très prenant, une famille, et une imprimante que j'utilise quand j'ai du temps pour ce que je peux : changer le monde, un petit peu, à ma mesure.

P 3D : La Maker faire de Paris, c'est quoi ?
OT : Le plus grand événement au monde qui regroupe ateliers, présentations et conférences autour des thèmes de la créativité, la fabrication et le mouvement Do it yourself (Faites le vous-même). L'idée, c'est de fabriquer soi-même des objets. Il regroupe tous les adeptes de technologies : artisans, éducateurs, inventeurs, ingénieurs, clubs de science, auteurs, artistes ou encore étudiants.

P 3D : Depuis quand e-Nable est-elle présente en France et combien de membres compte-t-elle ?
OT : Je me suis inscrit en septembre 2014, cela fait donc presque un an. Nous ne sommes, pour l'instant, que quelques-uns en France, et nous avons un nombre de demandes en très forte croissance. Je cherche donc à susciter des vocations de makers.

P 3D : On assiste depuis quelques jours à un véritable emballement médiatique autour de Maxence présenté comme le premier Français à porter une prothèse imprimée en 3D. Comment vivez-vous cet intérêt soudain et parfois le manque de sérieux de certains médias ?
OT : Comme souvent, les médias ont parfois largement déformé la réalité (certains ont même parlé de greffe…). La réalité est que Maxence est la première personne en France à être équipé par e-Nable, et je l'ai rappelé à chaque fois que j'ai parlé à un journaliste. Il existe effectivement de nombreuses autres initiatives et c'est une excellente chose ! Cela dit ce buzz involontaire est le bienvenu pour l'Assedea (association regroupant des parents d'enfants ayant une agénésie) qui a gagné en visibilité, pour e-Nable, et pour l'impression 3D en général.

P 3D : Revenons à la prothèse de Maxence. Pourriez-vous nous apporter quelques précisions d'ordre technique. Quelle imprimante et quel matériau ont été utilisés ?
OT : Les mains de Maxence (je lui en ai fait deux) ont été imprimées avec un filament PLA (acide polylactique, un plastique issu d'amidon de maïs) sur une Prusa i3 rework. Tous les modèles sont open source et disponibles sur Thingiverse (en lien ci-dessous).

P 3D : Combien de temps a-t-il fallu pour imprimer les différentes pièces ?
OT : Une dizaine d'heures de préparation (Maxence avait des demandes très précises, un peu complexes à réaliser sur une imprimante monocouleur), environ vingt-quatre heures d'impression par main et trois heures d'assemblage.

P 3D : Est-ce qu'en France d'autres personnes vont prochainement pouvoir bénéficier des prothèses d'e-Nable ?
OT : Tout le travail fourni par les membres d'e-Nable, dont le mien, est basé sur le volontariat. Aucune rémunération n'est demandée lorsque nous réalisons des mains et aucune rétribution n'est fournie par e-Nable. Cela signifie aussi que cette implication passe après le travail et la famille. Notre équipe de coordinateurs maintient une liste de demandeurs et les met en relation avec les fabricants. En France, je travaille avec l'Assedea (dont le père de Maxence est président) pour centraliser les demandes qui sont en forte croissance et organiser le travail des makers. Même engouement dans toute l'Europe ! Alors, malgré une croissance remarquable (+ 5000 membres en un an), nous ne parvenons pas, pour l'instant, à satisfaire toutes les demandes. Les bonnes volontés et relais sont donc les bienvenus.

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