Surcharge des MDPH : certains employés aussi sont à bout !

Résumé : Marre des délais d'attente pour la gestion des dossiers "handicap" ? C'est un constat partagé par les usagers... et les employés! Une partie de ceux de la Maison de l'autonomie du Morbihan s'est mise en grève pour réclamer plus de moyens.

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Des mois d'attente pour une carte de stationnement, pire encore pour une orientation, des téléphones qui sonnent dans le vide, des dossiers qui s'alourdissent… Les usagers des MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ont souvent la dent dure contre la lenteur et la complexité des procédures, las de frapper aux portes sans relâche. Mais qu'en est-il du côté des employés ? Subissent-ils eux aussi ces dysfonctionnements, sont-ils eux aussi à bout face à la charge de travail ? La réponse est manifestement oui et certains entendent le faire savoir.

Vannes en grève le 3 juin

C'est ainsi que plus de la moitié des employés de la Maison de l'autonomie de Vannes (Morbihan) ont décidé de se mettre en grève le 3 juin 2016, comme le rapporte le site letelegramme.fr. Brandissant leurs pancartes devant l'entrée, ils  protestaient contre le manque de personnel et de moyens qui ne leur permet plus de faire face à l'accroissement des demandes. « Nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour apporter un service satisfaisant aux usagers. Les délais d'attente de traitement des dossiers ne cessent de s'allonger », explique l'un d'eux. Au point de devenir « inacceptables ». Quatre mois pour une carte d'invalidité (contre deux mois auparavant), presque neuf pour une reconnaissance de travailleur handicapé et en moyenne douze pour une orientation médico-sociale.

Des dossiers en hausse constante

« Le nombre de dossiers à instruire a doublé entre 2007 et 2014, ce qui a entraîné une surcharge de travail énorme ». Au total, 3 500 par mois ! « Le but était de mieux répondre aux besoins des personnes handicapées, poursuit l'un des grévistes, mais aujourd'hui, vu nos conditions de travail, nous sommes en train de perdre les grands principes de la loi 2005 ». Impossible, face au manque de personnel d'assurer un accueil personnalisé et de rester à l'écoute. Et de déplorer plus de 200 appels par jour et un téléphone qui, le plus souvent, répond aux abonnés absents (on a testé !) ! Ce constat est malheureusement partagé par d'autres départements qui doivent faire face à la recrudescence des demandes. Il n'y a guère que la MDPH de Paris pour se réjouir, début 2016, d'avoir, en deux ans, réduit les délais de traitement des dossiers de 40% (article en lien ci-dessous). Elle doit cette réussite, selon elle, aux efforts de simplification et de modernisation.

Simplifier, dans l'air du temps !

Simplification, c'est justement la consigne donnée par le gouvernement. Il a d'abord tenté l'expérience, du nom de code « IMPACT » comme « Innover et Moderniser les Processus MDPH pour l'Accès à la Compensation sur les Territoires », dès 2014 dans deux départements, le Nord et le Calvados (article en lien ci-dessous). Dans le cadre du choc de simplification, le gouvernement a par ailleurs annoncé, en juin 2015, plusieurs mesures visant à alléger les démarches des personnes handicapées, notamment via un traitement dématérialisé des demandes mais également grâce à l'allongement du délai de renouvellement de l'AAH pour certains allocataires dont le taux d'incapacité est supérieur à 80%.

Une carte mobilité

A ce titre, le 19 mai 2016, lors de la 4e CNH (Conférence nationale du handicap) qui se tenait à l'Elysée, le chef de l'Etat annonçait un soutien financier de 15 millions d'euros dédié à la modernisation du système informatique des MDPH. Dernière annonce en date : la carte mobilité inclusion remplacera les cartes de priorité, d'invalidité et de stationnement à partir du 1er janvier 2017. Sa fabrication ne sera plus assurée par les MDPH mais par l'Imprimerie nationale permettant ainsi un « raccourcissement sans précédent » des délais de délivrance et de libérer du temps pour recentrer leur action sur l'aide et l'accompagnement des publics handicapés. De quoi rassurer usagers… et employés ?

© Photo d'illustration générale : Fotolia

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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Le 09-06-2016 par drouazi :
On nous impose des caricatures.L' infirmiére court les couloirs pour sauver des vies,le magistrat devant des piles de dossier,le médecin dévoué et honnête,le politique patriote. Tous ces clichés nous font du mal.Impossible d' avouer notre impuissance devant les abus de certains services et d'avouer que dans certain cas,nous devenont des otages.Il y a des gens honnêtes ,et les autres..Et quand ils sont fonctionnaires, déresponsabilisé, on arrive à des situations tel que la MDPH de l' oise.Le refus de travailler en expliquant être débordé est culturel.Tous le monde en croque,l' employé qui défend son pré carré,le syndicaliste qui justifi sa position,le chef de service impuissant,le politique qui ne peut mettre de l' ordre... Ces genstirent profit d' un systéme déresponsabilisant,déshumanisant.

Le 24-06-2016 par SHANTI :
Je me demande pourquoi, dans certains cas, les prestations et la décision ou prolongation d'orientation ne sont pas délivrées sur du plus long terme ; quitte à laisser libre, les parents, les tuteurs ou l'établissement d'accueil de demander une révision, en cas de besoin ou de nécessité , d'amélioration ou de dégradation de l'état de la personne handicapée !!! La M.D.P.H. aurait alors moins de travail et pourrait se consacrer plus sérieusement aux nouveaux dossiers présentés. Les retards de traitement de dossier et l'absence de clarté de la législation pénalisent également les familles : effectivement, notre dossier de P.C.H. ayant traîné pendant 4 ans et ayant "navigué" d'un département à l'autre, nous avons perdu 2 ans de prestation compensatrice du handicap car le Conseil Général ne revenait que deux ans en arrière !!!

Le 19-09-2016 par chanel :
Tout le monde est surchargé de travail !
Côté usagers, ce qu'on voit c'est :
- des dossiers papier éliminés avant d'avoir été scannés, des pièces reçues dans les délais, qui traînent dans un tiroir, réapparaissent si on insiste un peu, puis qui ne sont toujours pas dans le dossier le jour de la Commission
- des commissions qui ne connaissent rien au droit du CASF, entraînant recours gracieux (forcément plus de travail pour les employés), recours contentieux au TCI, au TA, puis à la CNITAAT. Vous ne croyez pas que les usagers sont encore plus surchargés, quand ils doivent monter, rédiger, imprimer plusieurs dossiers de recours chaque année tout en préparant le dossier de renouvellement "normal".
Plus ça va, plus j'ai l'impression d'avoir affaire à des amateurs, ou des j'menfoutistes. Après, bien sûr, rattraper les impairs, ça prend du temps, et ça met en retard les autres dossiers en cours...
Solution : Rationalisation, conscience professionnelle ... ?

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