Soigner la dépression : de nouvelles voies thérapeutiques ?

Résumé : Publiés dans la revue "Nature Medecine" le 7 mai 2018, les résultats d'une étude de la fondation FondaMental révèlent la possibilité d'une nouvelle voie thérapeutique pour traiter la dépression chronique. Zoom sur cette avancée inédite.

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Dans de nombreuses villes, les chercheurs de la fondation FondaMental se sont penchés sur les facteurs biologiques de la dépression chronique, maladie psychiatrique parmi les plus fréquentes. Les résultats de ces travaux, publiés dans la revue scientifique Nature Medecine le 7 mai 2018, constituent une avancée inédite concernant les 30% de personnes dépressives et résistantes aux antidépresseurs existants.

Un marqueur biologique repéré

L'étude met en évidence une protéine, la Elk-1, comme « marqueur de pronostic des dépressions résistantes aux traitements classiques » et comme « cible de nouvelles stratégies thérapeutiques », expliquent les auteurs de l'étude dans un communiqué. « Régulant l'expression de très nombreux gènes directement au sein de la cellule », cette protéine joue un rôle important dans la modification des émotions et du comportement. En France, plus de deux millions de personnes sont touchées par la dépression chaque année. « Si la pathologie se soigne bien dans la grande majorité des cas, les stratégies thérapeutiques restent toutefois inefficaces pour un patient sur trois, occasionnant des risques de rechutes et de complications sévères », poursuivent les chercheurs. L'identification de nouvelles stratégies thérapeutiques se présente donc comme un enjeu primordial pour les patients atteints d'une dépression chronique et ne voyant pas d'amélioration dans les traitements standard.

Des recherches méticuleuses

Concrètement, cette découverte résulte d'une collaboration entre des équipes de recherche clinique et fondamentale de l'Institut de biologie Paris-Seine (IBPS) (CNRS-Inserm-Sorbonne Université), de l'Assistance publique hôpitaux de Marseille, de l'Institut de neurosciences de la Timone (Université Aix-Marseille /CNRS), de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas (Université McGill) et de l'Université Paris-Descartes. L'originalité de l'étude et la fiabilité des résultats obtenus tiennent par ailleurs à la méthodologie utilisée, « qui associe trois approches successives : des études cliniques, des analyses sur tissus cérébraux post-mortem et des modèles animaux », précise le communiqué. Deux études cliniques indépendantes ont été menées dans un premier temps à Montréal et à Marseille. Sur des patients souffrant de dépression, elles ont mesuré, au cours du temps (deux prélèvements sur 8 semaines), la présence du marqueur Elk-1 dans le sang. Des résultats identiques, associant un mauvais pronostic à un taux de Elk-1 élevé, ont été retrouvés dans les deux études.

Un nouveau traitement à l'étude

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ? « Au-delà de l'identification d'un marqueur biologique impliqué dans la dépression, ces travaux ont permis de tester, à un stade préclinique, l'efficacité d'un nouveau traitement ayant fait l'objet d'un dépôt de brevet », annonce la Fondation. Affaire à suivre…

© zinkevych pour Fotolia

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Aimée Le Goff, journaliste Handicap.fr"


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