Affaire Amélie : un an après, toujours rien !

Résumé : Un an après l'affaire Amélie, l'Unapei hausse à nouveau le ton, dénonçant l'inaction du gouvernement pour trouver des places en établissements pour les situations les plus critiques. En attendant, l'exil vers la Belgique se poursuit...

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Un après l'affaire Amélie, l'Unapei hausse à nouveau le ton, dénonçant l'inaction du gouvernement pour trouver des places en établissements pour les situations les plus critiques. En attendant, l'exil vers la Belgique se poursuit...

L'affaire Amélie, c'était il y a un an déjà. Le tribunal administratif de Pontoise avait tranché : l'Etat avait le devoir de trouver une place en établissement pour cette jeune femme handicapée mentale de 22 ans atteinte du syndrome de Prader Willy (lire article complet en lien ci-dessous). En urgence ! Depuis, il y a eu d'autres Amélie, des centaines, des milliers, sans solution. L'Unapei (Union nationale des personnes handicapées mentales et de leurs amis) qui avait porté cette procédure n'en finit plus de réclamer, plutôt que des "sauvetages" au cas pas cas, des mesures généralisées. Au fil des mois, l'actualité lui a donné raison ; « Certaines familles ont déjà commis l'irréparable, d'autres sont à bout : il est donc urgent de les aider, sans délai ! »

Des raisons d'espérer

Face à la pression médiatique, le gouvernement s'était engagé à mettre en place des cellules de gestion des situations critiques, notamment par le biais du numéro 3977 (article en lien ci-dessous) et avait également confié à Denis Piveteau, conseiller d'Etat, la mission de rédiger un rapport où seraient proposées des solutions en ce sens. Remis il y a 5 mois et intitulé "Zéro sans solution", il détaillait plus de 130 mesures. Compte-tenu de ces engagements, l'Unapei avait suspendu toutes les actions en justice qu'elle s'apprêtait à mener aux côtés des familles confrontées à une situation identique à celle d'Amélie. Aujourd'hui, elle regrette "qu'aucune mesure concrète n'ait été prise par le gouvernement" et décide donc de hausser le ton, lui adressant un "avertissement" ! Le dernier, selon l'association !

Un bilan édifiant !

Selon elle, "le bilan est édifiant". Il aura fallu 5 mois pour qu'Amélie puisse trouver une place dans un établissement qui se situe à plus de 400 kilomètres de ses parents, les contraignant à déménager. Quant aux cellules de gestion des situations critiques, lorsqu'elles sont effectivement mises en place dans les départements, elles ne sont pas en mesure de trouver une solution. A cet égard, celles transmises par l'Unapei au gouvernement n'ont pas toutes trouvé de réponse alors qu'il s'était engagé à les régler prioritairement. Entre-temps, les medias ont été alertés par quelques scandales, en France, et ont également mis en lumière ces "usines à Français" en Belgique (lire article en lien). Plus de 6 000 de nos compatriotes sont contraints de s'exiler au-delà de nos frontières, dans des établissements où certaines prises en charge laissent parfois à désirer. Une politique d'exil plus que jamais d'actualité ? L'Unapei s'indigne : "Le gouvernement préfère financer de nouvelles places dans des établissements en Belgique, au détriment du bien-être des personnes handicapées et de l'emploi en France."

"La colère gronde, madame la Ministre !"

En mai 2014, lors du congrès annuel de l'Unapei, Christel Prado, sa présidente, avait déjà alerté Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, en ces termes : "La colère gronde, Madame la Ministre, la colère gronde... ». En l'absence de réaction, elle profite de cette date anniversaire, "au goût amer", pour rappeler l'Etat à ses obligations et lui demander de prendre "des mesures concrètes pour que cesse le calvaire des personnes handicapées et de leurs familles". Un ultimatum qui ne restera certainement pas à l'état de parole...

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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