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Violences sur les femmes handicapées : un fléau méconnu

Résumé : Les femmes handicapées sont plus que les autres victimes de violences. C'était le thème du forum de Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir; elle a mis en place un numéro d'urgence pour entendre la parole des victimes et tenter d'enrayer ce fléau.

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Par Myriam Chaplain-Riou

Quatre femmes handicapées sur cinq subissent des violences sexuelles, physiques ou psychologiques, souvent dans le huis clos du domicile ou des institutions. Comment lutter contre ce fléau méconnu ? Il faut le dénoncer, écouter et soutenir les victimes, au cœur d'un forum « Violence du genre, violence du handicap » le 15 octobre 2015 à Paris. C'est « une double discrimination : être femme et handicapée. Les personnes handicapées dérangent parce qu'elles montrent du doigt ce que l'on ne veut pas voir », a expliqué la psychanalyste Maudy Piot, malvoyante, présidente de l'association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA), organisatrice de ce 7e forum national. « Les violences sont interdites. Les femmes handicapées doivent en être conscientes. C'est pourquoi nous avons lancé pour elles notre numéro d'écoute d'urgence anonyme 01 40 47 06 06 » (article en lien ci-dessous). La FDFA souhaite aussi largement diffuser un court métrage bouleversant en huit séquences, « Violences du silence », pour faire connaître ces maltraitances si souvent tues. Les violences « passent par toutes sortes d'abus, perpétrés par une grande diversité de personnes, soignants, aidants, familles, étrangers », a relevé Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées.

Sexualité, sujet tabou

On peut ainsi « priver une personne de son fauteuil, assortissant cette violence à des sévices physiques ou sexuels », a ajouté la marraine de ce forum destiné à promouvoir transversalité et interdisciplinarité entre les acteurs de la lutte contre les violences envers les femmes afin que le handicap soit pris en compte comme facteur aggravant. Les rares études existantes pointent systématiquement un risque accru de violences pour les femmes et filles handicapées. La secrétaire d'Etat a insisté sur le rôle de la prévention : « Je souhaite généraliser l'éducation à la sexualité dans les établissements pour personnes handicapées. C'est un sujet tabou pour l'instant. » Le Planning familial et les Agences régionales de santé s'y sont notamment attelés. Les professionnels doivent aussi être formés pour détecter et accompagner les victimes.

Une information accessible

La violence « est aggravée par un manque d'information, qui doit être accessible à tous les handicaps », a poursuivi Mme Neuville. C'est pourquoi ont été lancés des plaquettes en braille, en français « facile à lire et à comprendre », un plan d'accessibilité des sites internet publics... « Les victimes sont d'abord de très loin les femmes atteintes de handicaps mentaux et psychologiques. On est face à un fléau, dans la cité et en institution », s'est insurgé Axel Kahn, président de la Fondation internationale de recherche appliquée sur le handicap (Firah). Le généticien défend aussi l'éducation à la sexualité des personnes handicapées mais s'oppose en revanche à la solution des « assistantes sexuelles », porte ouverte selon lui à la légitimation de la prostitution.

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Commentaires

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Le 17-10-2015 par socalie :
pas évident d'avoir les informations à temps lorsque la défense des personnes handicapées, des femmes, pas toujours

Le 18-10-2015 par Butterflies :
Comment être étonnée? On s'attaque toujours aux plus faibles. Les femmes et les enfants sont des proies de choix. Alors des femmes handicapées, c'est encore plus facile pour des gens sans scrupule! La loi ne punit rarement le viol et pas très séverement et jamais le harcèlement moral sur autrui ou rarement car c'est dur à prouver et aucun texte ne l'explicite. Alors les prédateurs ont encore de beaux jours et malheureusement il faut continuer à creer des groupe de soutien pour aider ces femmes, leur apprendre à se défendre. Pas évident!

Le 19-10-2015 par EL Yagoubi :
Ce sont les logiques institutionnelles qui réduisent les femmes vulnérables aux conditions infrahumaines. Je cite le cas d'une citoyenne meurtrie par ces logiques jusqu'à sa destruction totale le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence. Elle s'appelle Nathalie Dale. Si les acteurs institutionnels concernés avaient pris en compte un petit peu de l'ensemble des rapports qui leur ont été communiqués, elle aurait été sauvée. Elle n'avait que 43 ans. Ils l'ont poussé à une fin de vie monstrueuse par des mécanismes institutionnels (psychiatrie, justice (tutelle/curatelle), arrêté préfectoral concocté sur des informations non vérifiées. C'est de l'insulte ajouté à l'injure contre une citoyenne coupable d'avoir demandé de l'aide et de l'écoute. C'est du déshonneur national de systématiser l'acharnement institutionnel contre des personnes fragiles, déjà violentés dans leur survie quotidienne.

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