Violence faite aux femmes handicapées, le film coup de poing

Résumé : "Violences du silence" est un court métrage en huit séquences racontant les histoires vraies de femmes handicapées. Des victimes toutes désignées, incapables de se défendre. Ce film bouleversant doit être vu pour que cesse l'omerta...

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Pour le mari de Cécile, l'humiliation est un jeu : il fait tourner son fauteuil jusqu'à lui faire perdre la tête puis la pousse dans une rue en pente ; elle veut divorcer mais n'est pas certaine de le pouvoir. Puis c'est au tour d'une jeune femme sourde d'expliquer en langue des signes comment son mari la bat chaque jour, pour rien, lui jetant à la figure son handicap. Ses enfants aussi l'humilient. Elle ne « peut en parler à personne » ; elle « entend si mal ». Vient alors le récit d'Olivia, handicapée après un AVC, martyrisée par sa fille adulte ; « Vivement que tu crèves ! » lui lance-t-elle. Et puis Solange, née sans bras ni jambes, brutalisée, violée par un conjoint pervers. Ou encore la jeune Anne, trisomique, maltraitée par un mari qui l'a épousée par intérêt et violée par des membres de la famille de ce dernier : « Je te jetterai à la poubelle quand j'aurai mes papiers. »

Un film : « Violences du silence »

Ces témoignages qui glacent le sang sont réunis dans Violences du silence. Une vingtaine de minutes où sont évoquées, sans aucun voyeurisme, des situations réelles de femmes handicapées aux prises avec leurs bourreaux ; ce film dénonce cette férocité, qu'elle soit physique ou mentale, passée le plus souvent sous silence. Il montre, entre autres, comment certains hommes se découvrent pervers face à ce que peut être l'étrangeté du handicap. Des guérillas de l'intimité menées par des conjoints, des parents, des enfants. Mais pas toujours. Elsa, 40 ans, atteinte de nanisme, raconte qu'un jour, sur un quai de métro, un homme l'a soulevée par les bras et jetée en l'air. Sans que personne ne réagisse. Elle confie que « les transports en commun sont son pire calvaire, et l'incivilité permanente ». La violence se niche aussi dans l'indifférence.

Le 01 40 47 06 06, numéro dédié

Ces femmes ont confié leur histoire, de façon anonyme, à la plateforme téléphonique dédiée aux femmes handicapées victimes de violence - ce numéro, le  01 40 47 06 06 (lundis de 14h30 à 17h30 et jeudis de 10 à 13h) a été mis en place en mars 2015 par l'association Femmes pour le dire, Femmes pour agir (FDFA)-. Leur rôle est campé par des actrices. En voix off, des comédiennes, des journalistes, mais aussi la maire de Paris, Anne Hidalgo, ou l'ex-ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en font le récit. C'est à l'occasion d'un colloque organisé à Paris en octobre 2015 que ce film a été projeté pour la première fois, laissant la salle sans voix. Maudy Piot, présidente de FDFA mais également thérapeute, a reçu bien d'autres confidences, dans son cabinet. Selon elle, « les violences envers les femmes handicapées sont récurrentes mais personne n'y croit.» Briser le silence, encourager les victimes à témoigner, c'est l'objectif de cette insatiable militante, elle-même aveugle, qui porte pourtant un regard acéré sur la cruauté.

Une rencontre à Paris le 27 novembre 2015
Dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre 2015), FDFA propose trois rendez-vous sur le thème « Libérer la parole », afin de rendre ses effets visibles sur les femmes handicapées. Elle invite notamment, le 27 novembre (de 17h à 21h), dans ses locaux (2 rue Aristide Maillol – 75015 Paris), à venir débattre après la projection de « Violences du silence », en présence de Bernard Ennuyer, sociologue, et de Catherine Cabrol, la réalisatrice du film. Cette rencontre sera l'occasion de dresser le bilan des six premiers mois de sa permanence téléphonique.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 30-10-2015 par ASSADEK :
Ces hommes sont des monstres, la violence sur les femmes est condamnable avec la plus grande fermeté et singulièrement sur les femmes handicapées sans défense.
Il est rare de voir un couple mixte handicapé(e) et valide construit sur la base d'un réel amour, la personne valide se lie presque toujours par intérêt et elle fait tout pour se débarrasser de la personne handicapée d'une manière ou d'une autre.

Le 01-11-2015 par EL Yagoubi :
Germaine Tillion (1907-2008) avait dit : « Il faut vivre pour comprendre ».
Ce n'est pas parce qu'elles (les femmes) vivent dans un État de droit qu'elles sont protégées. Le paradoxe est là. Elles sont vulnérables parce qu'elle sont femmes. Elles sont fragiles parce que les logiques de dominations sont violentes pour elles. Elles sont maltraitées quand elles demandent leurs droits d'être respectées. Les conditions des femmes en situation de handicap psychique sont toujours du domaine de tabou. Je dis tabou dans un sens institutionnel. Je rappelle tout le monde que ma compagne Nathalie, morte le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence a été victime des formes de VIOLENCE INSTITUTIONNELLE indescriptible. Acharnement « thérapeutique » dévastateur imposé par un arrêté préfectoral émis suite à une pétition mensongère accusé de l'inconcevable. L'horreur la plus crue. Voir blog : cvjn.over-blog.com

Le 01-11-2015 par reynaud joel :
la colere, la revolte a l 'encontre de tels traitements a fait place a la tristesse.et je realise qui faut etre attentif a l'autre. eviter son isolement.

Le 01-02-2016 par Nicole DEDEBAT :
Les violences faites aux femmes sont insoutenables et condamnables mais celles faites aux femmes handicapées sont d'autant plus inacceptables. L'école et tout le réseau de l'éducation doit prendre sa part face à ce fléau, à commencer par intégrer des enfants handicapés plus encore qu'elle doit le faire.. Il faut des engagements forts et significatifs de l'ensemble des strates de la société.

Le 23-07-2016 par Amélie Pando :
Merci de faire connaître la situation des victimes handicapées

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