APA et PCH : faut-il une prestation autonomie unique ?

Faut-il fusionner APA et PCH dans une "prestation autonomie" unique ? Cette idée a été relancée par Frank Nataf, président du Fédésap, alors que la barrière des 60 ans fait toujours débat.

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pièces et stylo

Et si l'APA et la PCH ne faisaient plus qu'une ? Dans une interview à ASH sortie à l'ouverture du congrès annuel de la Fédésap (Fédération française des services à la personne et de proximité), son président Frank Nataf a relancé l'idée d'une « prestation autonomie » unique. Il imagine un fonctionnement « calqué » sur celui de la PCH, explique-t-il à ASH.  

Aujourd'hui, deux systèmes coexistent. L'APA (Allocation personnalisée d'autonomie) concerne les personnes de 60 ans et plus en perte d'autonomie. En 2023, elle était versée à 1,36 million de personnes d'après la Drees. La PCH (Prestation de compensation du handicap) répond, elle, aux besoins liés au handicap et comptait 429 200 bénéficiaires en 2022.

La PCH plus avantageuse

Les deux prestations fonctionnent différemment. Le montant de l'APA varie selon le niveau d'autonomie de la personne âgée et ses revenus, à l'inverse de la PCH qui permet d'obtenir des remboursements en fonction des besoins liés à son handicap (aides humaine, technique, animalière, etc.). 

La PCH se révèle très souvent plus avantageuse : d'après la Cour des comptes, le montant annuel de prise en charge par usager atteignait 7 250 euros pour la PCH contre 5000 euros pour l'APA à domicile en 2022. Une personne peut bénéficier toute sa vie de la PCH, mais seulement si elle a réalisé sa première demande avant 60 ans. Au-delà, la personne relève de l'APA, sauf exceptions. En plus d'être plus favorable, la PCH peut couvrir des dépenses liées au handicap que l'APA ne prend pas en charge de la même manière, notamment certaines aides techniques ou aménagements. (}}40427{{{)

Le "barrière des 60 ans" 

Cette « barrière des 60 ans » est donc de plus en plus discutée, notamment avec le vieillissement de la population. D'autant que les personnes handicapées aussi deviennent de plus en plus âgées : en 2023, 28 % des bénéficiaires de la PCH avaient 60 ans ou plus, selon la Drees. La Cour des comptes estime ainsi dans un rapport de 2025 que les « fondements » de cette barrière d'âge sont désormais « fragilisés ». Elle rappelle également que la loi du 11 février 2005 prévoyait de supprimer « dans un délai maximum de cinq ans » toute distinction liée à l'âge dans les critères de prise en charge de la compensation. Vingt ans plus tard, rien n'a changé en ce sens.

Une fusion qui coûterait chère

Reste la question du financement. La Cour des comptes estime qu'un alignement complet des deux prestations serait « cohérent » mais représenterait environ 3,6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Elle juge une fusion automatique « difficilement soutenable sur le plan financier » mais juge néanmoins « souhaitable » d'harmoniser les caractéristiques deux prestations. Le rapport suggère l'introduction d'un ticket modérateur, c'est-à-dire un reste à charge, quand la PCH est attribuée après 60 ans.

La Coalition 2027 pour l'autonomie des personnes âgées, soutenue par la Fédésap, reconnaît que rapprocher ces deux aides est un « objectif désirable mais coûteux ». Pour y parvenir, elle défend notamment un principe de financement davantage nationalisé. 

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Solène Alifat, journaliste Handicap.fr"
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