3 décembre : le Monde se penche sur le handicap ?

Résumé : 3 décembre 2016, journée internationale des personnes handicapées et 10 ans pour la Convention de l'ONU qui réaffirme leurs droits. Dans la réalité, c'est une autre affaire. Entre hommages et bilan, un jour pour se pencher sur un milliard de Terrie

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12 millions en France, 80 millions en Europe, un milliard dans le monde… C'est l'estimation du nombre de personnes touchées par un handicap. A l'initiative des Nations-Unies, la Journée internationale des personnes handicapées (JIPH) est célébrée depuis 1992 le 3 décembre afin de sensibiliser et de mobiliser les citoyens autour des enjeux fondamentaux liés à l'insertion des personnes handicapées dans la société et leur participation au développement. 2016 est une année particulière puisqu'elle célèbre les dix ans de la Convention internationale des droits des personnes handicapées (CDPH) promulguée par l'ONU. A cette occasion, une journée d'étude est d'ailleurs organisée le 13 décembre par le Défenseur des droits, à l'Unesco, Paris 7e (article et inscription en lien ci-dessous). Quel bilan ? Mitigé pour de nombreuses associations qui déplorent que la réalité ne ressemble pas aux intentions.

Forcément vulnérable ?

Un communiqué du Groupement français des personnes handicapées (GFPH), membre de l'Organisation mondiale des personnes handicapées, titre, d'ailleurs : « Pour nous, les droits de l'Homme ont dix ans ! ». Seulement dix ans ? Et d'expliquer que « la France, avec les autres membres des Nations-Unies, s'est engagée dans un programme ambitieux pour « Transformer notre monde : le programme de développement durable à l'horizon 2030 » ; et si, dans ce document, le mot « handicap » apparait neuf fois, le GFPH regrette que ce soit en huit occasions pour citer les personnes handicapées comme les membres d'un groupe social vulnérable, avec les femmes, les enfants et les personnes âgées».

Des groupes de pression ?

Le seul article qui en fait explicitement référence affiche l'objectif de « faire construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes ou d'adapter les établissements existants à cette fin et de fournir un cadre d'apprentissage effectif qui soit sûr, exempt de violence et accessible à tous ». Selon le GFPH, « si la France est engagée sur le chemin tracé par la CDPH et les autres Conventions, poursuit le GFPH, elle reste encore, en de nombreux points, trop timorée et restreinte par des groupes de pression qui ne veulent rien changer dans leurs pratiques ». Jean-Pierre Gonnot, chef de la section de l'intégration sociale au Département des affaires économiques et sociales des Nations-Unies, souligne, à son tour, qu'il reste des « efforts à déployer et des financements à trouver pour mettre en œuvre cette Convention. ».

Les capacités plutôt que le handicap

De son côté, le chef du Conseil de l'Europe, organisation qui compte 47 États membres, appelle les gouvernements européens à s'appuyer sur la Stratégie sur le handicap 2017-2023, récemment adoptée, pour faire des droits de l'Homme une réalité pour tous. « Des progrès considérables ont été accomplis au cours des dix dernières années, mais nous n'avons pas encore réussi à faire coïncider la réalité quotidienne avec les normes juridiques », a déclaré son secrétaire général, Thorbjørn Jagland. Les personnes handicapées sont encore victimes de discrimination dans l'éducation et dans l'emploi, et sont aussi exposées à des risques plus élevés de violence et d'abus. Nous devons mettre l'accent sur les capacités plutôt que sur le handicap. Les législateurs doivent concevoir des lois, des politiques et des pratiques qui assurent aux personnes handicapées l'autonomie, la liberté de choix et la participation pleine et effective dans tous les domaines. Notre nouvelle stratégie montre la voie à suivre. » La stratégie sera lancée lors d'une conférence qui se tiendra à Chypre les 27 et 28 mars 2017.

Des actions à propos

L'objectif de cette journée internationale est donc de sensibiliser l'opinion sur ces difficultés du quotidien mais aussi de valoriser les actions de proximité. En France, des entreprises, des collectivités, des associations, des lieux culturels se mobilisent. C'est par exemple le cas du château de Versailles (27 novembre au 3 décembre), ou encore du musée du Quai Branly à Paris qui, du 3 au 11 décembre, déploie, à l'occasion de sa « Semaine de l'accessibilité », un vaste programme d'animations, de conférence et d'ateliers aussi ludiques qu'accessibles (article en lien ci-dessous). Hasard du calendrier, la veille, Manuel Valls a réuni à Nancy le 2ème Comité interministériel du handicap en présence de certains de ses ministres concernés par ce sujet, annonçant 90 mesures à mettre en oeuvre (article en lien ci-dessous). Point d'orgue, la 30ème édition du Téléthon qui s'empare des antennes de France Télévisions les 2 et 3 décembre 2016.

Une campagne antipréjugés

De son côté, l'association LADAPT a choisi ce timing pour lancer le 3e volet de sa campagne choc qui veut en découdre avec les préjugés dont sont victimes les personnes handicapées. Ayant pour nom #KillLaBetise, elle prend appui sur les résultats d'un sondage qui vient souligner les nombreuses idées reçues que les Français ont sur la question du handicap. Trois nouveaux épisodes de cette websérie seront diffusés dès le 3 décembre sur les réseaux sociaux tandis que quatre affiches relaieront cette démarche au ton volontairement provocateur...

© majivecka/Fotolia

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Commentaires

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Le 03-12-2016 par garjp :
Développement fulgurants des sports "extrêmes" adoration sous toutes ses formes de la vitesse, transformation des activités traditionnelles en acrobaties spectaculaires, ne serait-ce pas tous ces changements de comportements qui seraient à l'origine de cet incroyable accroissement du nombres d'handicapés? ne faudrait-il pas aussi considérer les causes et pas seulement s'occuper des effets ?

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