Le glaucome est d'autant plus redoutable qu'il avance masqué : près d'une personne sur deux ignore qu'elle est atteinte. En cause, une destruction progressive du nerf optique qui ne provoque ni douleur, ni baisse brutale de la vision centrale au début. Il figure parmi les premières causes de cécité irréversible dans le monde. Selon les estimations, près de 78 millions de personnes sont touchées à l'échelle mondiale d'après l'Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev) et ce chiffre pourrait atteindre 110 millions d'ici 2040. En France, cette maladie touche plus de 2% de la population au-delà de 45 ans selon la Fédération des aveugles de France. À l'occasion de la Semaine mondiale du glaucome du 8 au 14 mars 2026, les professionnels rappellent que la prévention passe avant tout par un diagnostic précoce. Sans prise en charge, cette pathologie conduit à une cécité irréversible.
Des signes discrets qui doivent alerter
Dans ses premiers stades, le glaucome altère progressivement le champ visuel sans provoquer de douleur. Si la vision centrale reste nette, c'est la vision périphérique qui se réduit. Certains changements de comportement peuvent toutefois alerter : difficultés à lire ou à regarder la télévision, tendance à se rapprocher de la lumière, maladresse inhabituelle ou difficulté à reconnaître les visages. D'autres indices existent, comme le fait de tourner la tête pour mieux voir ou d'éviter de conduire la nuit. L'abandon d'activités comme la cuisine ou la lecture sont autant de signaux d'alerte. Un changement de rapport à la lumière (éblouissement fréquent ou besoin de pénombre) doit également conduire à un examen ophtalmologique. Ces signaux restent souvent tardifs, d'où l'importance d'une vigilance particulière chez les personnes à risque : antécédents familiaux, âge supérieur à 40 ans ou forte myopie.
Dépistage régulier : le meilleur moyen d'agir
Le glaucome ne se guérit pas – les fibres nerveuses détruites ne se régénèrent pas -, mais son évolution peut être ralentie si la maladie est détectée suffisamment tôt. On parle alors de stabilisation. Un simple examen chez l'ophtalmologiste permet de mesurer la pression intraoculaire et d'évaluer le nerf optique. Les spécialistes recommandent un contrôle régulier dès 40 ans, et plus tôt en cas de facteurs de risque. Pour les professionnels de santé, la prévention constitue un enjeu majeur : face à cette maladie chronique et souvent silencieuse, le dépistage reste aujourd'hui le seul moyen efficace de préserver la vision sur le long terme.
Description : Femme aux beaux yeux sur fond clair.
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