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Handicap: Le difficile accès au plaisir des corps (partie 1) - Information Handicap.fr
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Handicap: Le difficile accès au plaisir des corps (partie 1)
Publié le : 06/06/2008
Auteur(s) : Mathieu Signorell http://www.lecourrier.ch
Résumé : Tabou:Le plaisir sexuel peut être inexistant pour certaines personnes en situation de handicap.Associations et prostituées proposent leurs services pour pallier ce manque.Une formation d'assistant sexuel commence d'ailleurs bientôt en Suisse romande
Le «désert sensuel» des personnes handicapées, Catherine Agthe
Diserens le combat depuis vingt ans. Sexopédagogue et formatrice
d'adultes, elle préside l'association genevoise «Sexualité et Handicaps
Pluriels» (SEHP) qui a mis sur pied une formation romande d'assistant
sexuel pour personnes en situation de handicap. Une première volée
commencera les cours en juin. Au total, onze personnes (cinq femmes et
six hommes) de tous âges y participeront. Le SEHP cherche d'ailleurs
encore trois femmes pour débuter la formation. «Les assistants sexuels
auront tous un travail à côté de cette activité, car nous voulons que
cela reste accessoire», explique Catherine Agthe. Concrètement, une
fois formés, ces assistants sexuels seront à même de prodiguer des
caresses, du corps à corps intime et une présence sensuelle auprès de
personnes atteintes d'un handicap physique, sensoriel, mental ou
psychique, aussi bien des hommes que des femmes.
La palette des services ne comprend pas d'emblée des actes tels que la fellation, le cunnilingus ou la pénétration.
Un tarif fixe sera demandé pour chaque «consultation» d'une heure:
150 francs. Dix-huit journées de formation sont prévues sur une année à
Nyon et à la clinique de Genolier, pour un coût de 4500 francs à la
charge de chaque participant. Le SEHP cherche d'ailleurs à baisser ce
prix.
«Sentir la peau d'un homme nu»
Le but ultime est de suppléer à un manque «dans une éthique de cet
accompagnement adapté érotique», précise Catherine Agthe. D'où une
différence fondamentale selon elle avec la prostitution: «Une
prostituée fait d'abord un acte rapide et minuté.»
Le handicap revêt des formes extrêmement variées. Du léger retard
mental à la tétraplégie lourde clouant une personne sur un lit, les
besoins sont très différents et le SEHP estime qu'une formation est
nécessaire pour y répondre.
Catherine Agthe prend l'exemple d'une femme de 34 ans, atteinte de
maladie dégénérative grave, qu'elle suit actuellement. «Elle m'a dit
vouloir sentir une fois dans sa vie la peau d'un homme nu contre la
sienne. Qui sera d'accord de se coucher contre son corps dysmorphique?»
Les prostitués avec lesquels le SEHP est en contact n'ont pas pu
fournir cette aide. La situation est identique pour un jeune homme dont
le handicap est mental. Ne parvenant pas à se masturber, il frappe son
sexe jusqu'à se blesser. «Il a besoin d'une personne formée qui puisse
prendre sa main pour lui apprendre ce geste. Nous sommes
complémentaires avec la prostitution.»
Cette complémentarité, les milieux de la prostitution la notent
également (lire ci-contre), comme le souligne l'association genevoise
Aspasie, qui vient en aide aux travailleurs du sexe: «Nous soutenons
cette formation», indique Joanna Pioro Ferrando. Pour elle, cela ne
créera aucune concurrence.
Etre à l'écoute
Enseignant dans une école supérieure genevoise, Ludovic* est l'un
des onze futurs assistants sexuels. En plus d'une formation de
réflexologie, il dit avoir un don pour le massage et l'apposition des
mains.
«Etant enfant, j'ai été en contact avec des personnes handicapées
ou décalées par rapport aux normes de la société. Ces différences ne
m'ont jamais fait peur», explique-t-il.
«La libération de l'énergie durant un acte sexuel est une porte
qui ouvre sur une autre dimension, poursuit-il. J'ai accompagné un
certain nombre de femmes dans la révélation de leur sensualité ou dans
les retrouvailles avec une sexualité créative.» La compagne de Ludovic,
elle, voit d'un bon oeil cette formation. «Elle apprécie cette
disponibilité que j'ai.»
Selon le jeune homme, les désirs sexuels des personnes handicapées
ne sont pas suffisamment reconnus par la société en général. François
Planche partage cet avis. Tétraplégique après un accident de moto, il
est notamment membre du comité cantonal de Pro Infirmis et du comité
d'éthique des fondations Aigues-Vertes, Foyer Handicap et Clair-Bois.
«Tout le monde a les mêmes droits à la santé, à l'intégration et au
bien-être global, note-t-il. La sexualité fait aussi partie de ces
notions selon l'OMS.»
Lire la suite de l'article:
http://informations.handicap.fr/art-actualites-1.0.0.0-2582.php
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Commentaires
Le 25/06/2008 par alan.quent :
Ce problème est réel. Paraplégique depuis 13 ans (acc.moto)j'avoue que j'ai envie de ce contact mais n'arrive pas à trouver quelqu'un pour l'avoir. (je suis équipé pour un contact plus poussé (eddex et stylo). Existe-il en france des personnes qui accepteraient ? ceci dans un but qui serait très bénèfique pour le moral
Le 30/06/2008 par Philippe-Claude :
Bonjour. Moi-même handicapé mais apte au service (para polio) j'ai eu à faire face à ce problème lors de séjour de vacances que j'ai encadré.
Je pense que c'est un devoir social que de porter une assistance affective à une personne en détresse, un euphémisme pour prendre position pour le droit des personnes handicapées à bénéficier des services d'un homme/d'une femme correctement formé(e)
La consommation de médicaments (psychotropes et autres) baisse significativement après des rapports sexuels.
Bon débat!
Le 05/07/2008 par Fanette :
"..complémentaires avec la prostitution" : ramener la sexualité des personnes handicapées à un acte de quasi-prostitution, c'est humiliant.
Seuls caresses, corps à corps intime, présence sensuelle seront autorisés.Alors, vous allumez le feu et après, cela ne vous concerne plus ?? Accepteriez-vous, vous, valides, de vivre une telle frustration ?
Et une "quasi-passe" à 150 F, est-ce un tarif que l'on peut régler quand on vit déjà au-dessous du seuil de pauvreté ?
Et l'amour dans tout cela ? Qu'en faites-vous ?
Ce serait tellement bien d'arrêter de nous considérer comme des humanoïdes.Nous sommes des ETRES HUMAINS doués de sensibilité et d'intelligence. Vous comprenez ?
Avant de vous occuper de notre sexualité, offrez-nous des conditions de vie de qualité, des ressources décentes, des infrastructures adaptées, l'accès à la scolarité, à la culture, au sport. Donnez-nous les moyens techniques d'être AUTONOMES le plus possible.
Et laissez-nous la
Le 07/07/2008 par Fanette :
Complément de mon intervention précédente :
"Et laissez-nous la liberté de vouloir rester digne."
Le 24/07/2008 par tétra_autonome :
moi je suis d'accord avec " fanette " ! avant de vous occuper de notre sexualité ...donnez nous plus de " pognion " et croyai moi ça attire la femme ...la vrai...la vénale... c'elle que quand on lui immite "le cri du billet de 50€ " elle vous aime et plus que les autres ...!!! alors envoyez nous " l'oseille "...!!! et vive le " tétra autonome " @+
Le 18/03/2010 par brune :
Je félicite cette initiative.Moi même je vie avec une sœur qui est handicapée,donc je connais parfaitement leurs problème c'est pourquoi je ne peux hésiter a donner mon aide si nécessite s'en faut
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Le 25/06/2008 par H2/STIRLING :
Cas bien tabou!
Quand dans un couple, il n'existe plus aucun désir vers la personne handicapée, alors que pour le reste "tout va bien", quelle est la solution? Agir à l'insus de sa "moitié" vers laquelle on s'est souvent engagé pour le meilleur et pour le pire, ou divorser? Afin de respecter le code civil et l'étique de notre pays, faut-il créer un statut spécial handicapé, ou attendre que le sens moral évolue? Divorser pour quelques moments de bonheur hebdomadaires ou mensuels va provoquer plus de dégats que d'améliorations; ne rien faire laisse la personne handicapée tout le reste du temps face à son manque intrinsèque, et ce je le crains pour bien des années encore. Tout cela est bien CORNELIEN, afin que ce drame cruel disparaisse, il faut que les "valides" non concernés AUJOURD'HUI par ce problème aient conscience de son existence, pour cela il faut bousculer les tabous en le mettant au "grand jour" sur la place publique.