Au Palais de Tokyo, située dans le 16e arrondissement parisien, l'exposition « Normes Corps » bouscule les représentations du handicap dans l'art contemporain. Ici, les corps handicapés, malades, marqués ou simplement « non conformes » ne sont plus en marge : ils deviennent le centre du dispositif artistique. Selon l'institution, il s'agit de « déplacer le regard sur les corps vulnérables pour interroger les normes sociales qui les définissent » peut-on lire sur le site du musée d'art moderne. Dans les salles, performances, installations et récits incarnés se répondent pour dire une même chose : la vulnérabilité n'est pas un défaut, mais une condition commune, partagée, politique.
Vulnérabilité, fragilité : déconstruire les normes du handicap
Ouverte du 3 avril au 13 septembre 2026, cette série d'expositions met en lumière plusieurs artistes français ou étrangers : Pauline Curnier Jardin avec « Virages vierges », Cathy de Montchaux avec « Studio, Wounds and Battles », Benoît Piéron avec « Vernis à ombres », Joseph Grigely avec « This is where we are », Jesse Darling avec « Les Ambassadeurs », Lucie Camous et Étienne Chosson avec « Cheryl Marie Wade », Neïla Czermak Ichti et enfin Lassana Sarre. Ces œuvres interrogent frontalement les notions de norme, de validité et de performance des corps. Handicap, maladie chronique, vieillissement ou différence visible deviennent des points d'entrée pour repenser ce que la société considère comme « normal ». Une approche qui rejoint les réflexions contemporaines sur le validisme et la hiérarchisation des corps. Dans un contexte où les personnes handicapées restent encore largement sous-représentées dans les espaces culturels, cette programmation entend créer un renversement symbolique : faire de la fragilité une force créatrice et politique.
© Palais de Tokyo


