84 kilomètres. C'est la distance qui sépare la ville de Chaumont, en Haute-Marne, de la structure de rééducation ou d'accompagnement médico-social spécialisée en déficience visuelle la plus proche. À l'occasion de la Journée internationale de la canne blanche, le fabricant de téléphone adapté Olgaphone publie la première étude nationale sur la répartition des structures d'accompagnement des personnes aveugles et malvoyantes.
La Carte de la Basse Vision
L'enquête a été réalisée à partir de leur Carte de la Basse Vision (Voir la carte) qui recense 768 structures vérifiées une par une : associations, services de rééducation, bibliothèques sonores, écoles de chiens guides et MDPH. Olivier Gatelmand, fondateur d'Olgaphone et éditeur de la carte, raconte que beaucoup de personnes ne savaient pas qu'un service était disponible parfois proche de chez elles. « J'ai construit cette carte parce qu'elle n'existait pas. Les chiffres qu'elle révèle disent une chose simple : l'accompagnement existe, mais il est très mal réparti, et surtout très mal connu », déclare-t-il.
19 départements sans structure d'accompagnement
L'étude montre en effet une France à deux vitesses avec une répartition très inégale sur le territoire. La Haute-Marne, la Corrèze et la Meuse sont les plus mal lotis. Environ 1 département sur 5 (19 sur 96) n'ont aucune structure de rééducation ou d'accompagnement spécialisée sur leur territoire. L'Ardèche, l'Ariège, la Creuse et le Gers n'ont eux que la MDPH (aucune association ni bibliothèques sonores).
Dans 60 départements, la rééducation à moins de 5 km
Pour ce qui est des écoles et associations de chiens guides, on en compte seulement 22 sur toute la France. La distance moyenne entre un chef-lieu et l'école la plus proche est ainsi de 79 kilomètres à vol d'oiseau et 33 départements sur 96 sont à plus de 100 km de la première école. La carte a aussi recensé 106 bibliothèques sonores, mais il reste 19 départements qui n'en possèdent aucune.
Malgré ces constats, l'étude pointe aussi « ce qui va bien ». Elle note que dans 60 départements sur 96, la rééducation est à moins de 5 km du chef-lieu et plusieurs territoires sont très bien dotés, comme le Nord, la Gironde, Paris ou encore la Haute-Garonne.
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