Ballet en fauteuil : 10 millions de vue pour Kate Stanforth

Dans sa série de devinettes sur les métiers, Max Klymenko a reçu Kate Stanforth, professeure de ballet en fauteuil roulant. Cette vidéo met en lumière le parcours de la danseuse, mais aussi l'effort d'accessibilité de ce format viral.

• Par
Kate Stanforth en interview avec Max Klymenko à côté de l’échelle.

Avec plus de 10 millions de vues sur les réseaux sociaux, la vidéo a projeté Kate Stanforth, danseuse et professeure de ballet en fauteuil roulant sur le devant de la scène. La jeune britannique a été interrogée par Max Klymenko fin septembre, dans le cadre de sa série virale appelée « Career ladder », en référence aux échelons professionnels. Le but ? Deviner en deux minutes, debout sur un escabeau, le métier d'un inconnu. En cas d'échec, la personne repart sans dévoiler la réponse. Pari réussi cette fois-ci, car le créateur de contenu a trouvé, quelques secondes avant la fin, que Kate Stanforth enseignait le ballet à des danseurs en situation de handicap. Formée à la danse classique depuis ses deux ans, c'est à l'adolescence que les premiers signes du syndrome d'Ehlers-Danlos (SED) se manifestent chez elle. Depuis, elle utilise un fauteuil roulant au quotidien.  

"On ne se doute pas que ça peut être une activité pour une personne en fauteuil"

C'est avec humour et franchise que Kate Stanforth s'est alors prêtée au jeu. Au fil de la vidéo, la professeure de ballet ne manque pas de relever la difficulté qu'a représenté son handicap pour en arriver à faire ce métier. « On ne se doute pas que ça peut être une activité pour une personne en fauteuil », ajoute-t-elle pour aiguiller l'animateur du concept, focalisé sur son objectif (Danse : une asso fait valser les clichés sur le handicap). Kate Stanforth, tout en continuant de répondre aux questions successives de Max Klymenko, évoque aussi la question de sa rémunération. Si les métiers liés à l'art sont plutôt précaires, la britannique insiste sur son handicap qui a généré des différences de salaires. Bien que la discrimination basée sur le handicap soit interdite au Royaume-Uni depuis 2010, l'Office national des statistiques du pays relevait un écart salarial de 12,7 % entre personnes valides et handicapées, encore en 2023.

Peu d'offre inclusive existante

Le témoignage de Kate Stanforth soulève plus largement la question de l'accessibilité des métiers de la culture aux personnes en situation de handicap (Handicap : la culture veut ouvrir ses métiers). Ce sujet est d'autant plus prégnant dans le monde de la danse lorsqu'une personne vit avec un handicap moteur. C'est d'ailleurs ce qui a poussé la britannique à créer sa propre école de danse, la Kate Stanforth Academy of dance, travaillant notamment en partenariat avec l'Ecole royale de ballet. L'établissement compte plus de 500 membres et veille à adopter un positionnement le plus inclusif possible, aussi bien en termes de prix que d'accès, avec des cours dispensés en ligne par exemple. Outre-Manche, la Fédération française de danse est aussi engagée en faveur de la danse inclusive, notamment avec l'organisation de compétitions pour danseurs en fauteuil roulant.

Une échelle peu adaptée au handicap

Le monde de la danse n'est pas le seul à être difficilement accessible, à commencer par le format auquel a participé Kate Stanforth. A l'origine, Max Klymenko posait son échelle dans la rue et invitait les passants à y monter pour sa devinette express. Fin août, il avait déjà réalisé une vidéo avec un prothésiste dentaire lui aussi en fauteuil, et il s'était excusé du manque d'accessibilité de son projet. Pour cette vidéo, il était exceptionnellement descendu et avait tenu l'échelle d'une main, comme son invité. Jusqu'au jour où l'animateur lui-même n'a plus été en capacité de s'installer sur son échelle. Après une opération du genou, Max Klymenko s'est retrouvé en fauteuil roulant, puis en béquilles, l'obligeant d'abord à mettre son format sur pause. Est ensuite venue la prise de conscience : il fallait adapter ses vidéos et donner de la visibilité aux travailleurs en situation de handicap (Handicap : un parcours professionnel semé d'injustices).

La naissance d'une nouvelle série

C'est ainsi que le créateur de contenus a lancé une nouvelle série de vidéos plus longues, postées sur YouTube, et baptisées « Comment travailles-tu ? » Connu pour ses formats dynamiques ne durant jamais plus de trois minutes, Max Klymenko embarque cette fois-ci son public dans le quotidien professionnel d'une personne en situation de handicap pour une dizaine de minutes. A ce jour, une pilote de course, un pianiste amputé d'un bras et un serveur aveugle y ont participé, aux côtés de la professeure de danse. Ces vidéos incluent des moments d'échange sur l'accessibilité de leur travail, les difficultés qu'ils ont pu rencontrer mais aussi des mises en situation réelles, où le créateur de contenu s'essaye par exemple au piano à une seule main. Impossible toutefois pour Max Klymenko d'abandonner son échelle qui a fait son succès mais son exemple illustre bien qu'il est difficile pour la société de s'adapter aux handicaps, tant qu'elle n'y est pas directement confrontée.

Crédit : Max Klymenko

Partager sur :
  • LinkedIn
  • Facebook
  • Blue sky
  • Twitter
  • Google
"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Pauline Royer, journaliste Handicap.fr"
Commentaires0 Réagissez à cet article

Thèmes :

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.