Canne blanche : vers un remboursement à 100 % ?

À l'approche de la CNH du 4 septembre 2026, une association demande une prise en charge intégrale de la canne blanche. Après la réforme des fauteuils roulants, l'autonomie sans reste à charge peut-elle s'étendre au handicap visuel ?

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Un homme marche dans la forêt avec une canne blanche.

Et si, après le fauteuil roulant, venait le tour de la canne blanche ? À quelques jours de la Conférence nationale du handicap (CNH) du 4 septembre 2026, la question pourrait s'inviter dans le débat. Pour une personne aveugle ou malvoyante, cette aide est tout bonnement vitale : elle permet de se déplacer, de détecter les obstacles et de gagner en autonomie. Pourtant, sa prise en charge par l'Assurance maladie reste très éloignée d'un remboursement intégral. La base de remboursement fixée par la Liste des produits et prestations remboursables (LPP) est actuellement de 6,86 euros pour une canne blanche, pliable ou non, sur un coût total qui peut grimper jusqu'à une centaine d'euros par an. Un montant qui interroge lorsque l'on ajoute au prix de l'équipement les embouts, élastiques et autres pièces d'usure, ainsi que les réparations ou le remplacement en cas de casse, qui allongent la facture.

Une pétition lancée en août 2026

C'est précisément le combat lancé en août par l'association Un Œil sur le Monde, qui appelle à la création d'un dispositif « 100 % Canne Blanche ». Sa proposition ne consiste pas à fournir automatiquement une canne neuve chaque année, mais à garantir « une canne fonctionnelle, adaptée et sûre, sans que le reste à charge soit un frein ». L'association souhaite ainsi inclure l'achat, mais aussi « les pièces d'usure et la réparation lorsqu'elle est possible, puis [le] remplacement lorsque celui-ci devient nécessaire ». La pétition lancée en août avait recueilli près de 700 signatures au moment de son communiqué du 25 août 2026. « Réparer lorsqu'on le peut. Remplacer lorsqu'on le doit », résume Nicolas Karasiewicz, président de l'association, lui-même non-voyant.

Après les fauteuils, une nouvelle étape ?

Le parallèle avec les fauteuils roulants est tentant. Lors de la CNH d'avril 2023, Emmanuel Macron avait annoncé que ces équipements seraient « intégralement remboursés », en présentant cette mesure comme une « mesure importante de justice sociale ». Depuis le 1er décembre 2025, tous les fauteuils roulants sont effectivement intégralement pris en charge par l'Assurance maladie ou la MSA, sans reste à charge, dans le cadre de la réforme des véhicules pour personnes en situation de handicap (VPH). Une réforme dont la mise en œuvre a toutefois connu des difficultés de démarrage et qui a encore fait l'objet d'ajustements en 2026 (Remboursement des fauteuils : le ministère rectifie le tir).

Dès lors, la CNH du 4 septembre 2026 constitue un moment symbolique pour poser une autre question : quelles aides essentielles à la mobilité restent aujourd'hui largement à la charge des personnes handicapées ? La canne blanche, inventée dans les années 1930, pourrait en être un exemple. « Lorsque ma canne s'use ou se casse, ce n'est pas un accessoire que je perds : c'est une partie de mon autonomie et de ma sécurité. Notre objectif est de garantir que personne ne renonce à une canne sûre pour une question financière », rappelle Nicolas Karasiewicz. À ce stade, rien ne permet toutefois d'affirmer que le gouvernement envisage son remboursement intégral : la demande de « 100 % Canne Blanche » relève actuellement du plaidoyer associatif. Mais en faisant de l'accès effectif aux aides techniques un enjeu de politique publique, la réforme des fauteuils a ouvert une brèche. Reste à savoir si la prochaine CNH choisira de l'élargir aux personnes déficientes visuelles.

© MART PRODUCTION de Pexels / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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