Emploi : le handicap s'impose dans les discussions

L'Agefiph a publié, le 12 octobre, son baromètre sur la perception du handicap dans l'emploi, soulignant l'amélioration du dialogue en entreprise mais n'empêchant pas les stigmates autour de l'embauche.

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Un homme et une femme sont assis à une table et discutent, avec un carnet à la m

Être en entreprise et parler de son handicap n'est pas toujours évident. Pourtant, la parole à ce sujet continue de se libérer sur les lieux de travail, comme l'indique la 9e édition du baromètre mené par l'Ifop (Institut français d'opinion publique) et publié par l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées) le 12 octobre 2026, évaluant la perception de l'emploi des personnes en situation de handicap (lire les résultats du baromètre). Ce sont 94 % des salariés interrogés qui ont déclaré avoir déjà mentionné leur handicap au sein de la structure où ils travaillent, contre 90 % en 2025. Si la plupart des échanges ont lieu entre collègues, une progression importante est notée par l'Agefiph au sujet du dialogue avec la hiérarchie. Cette année, le baromètre relève 77 % de salariés abordant leur situation de handicap avec leur manager et 68 % avec le service des ressources humaines ou auprès du référent handicap (Référent handicap : un décret va préciser ses missions). Ces chiffres sont supérieurs d'une dizaine de points à ceux mesurés en 2025.

Le consensus autour du référent handicap

Obligatoire dans les entreprises de plus de 250 salariés, le référent handicap bénéficie d'un consensus plutôt large : 65 % des salariés estiment que sa présence est primordiale dans un but de meilleure inclusion professionnelle. Mais les chiffres prennent une tout autre dimension dans les entreprises ayant concrètement désigné un tel référent : 83 % des salariés et 89 % des recruteurs estiment que son rôle est « central ».

Un autre favorisant l'embauche des personnes avec un handicap réside dans l'expérience. Les baromètres successifs de l'Agefiph mettent en évidence que les entreprises ayant déjà embauché un salarié en situation de handicap jugent leur embauche plus facile. L'organisme français souligne par ailleurs un plus grand nombre d'entreprises qui demandent à être accompagnées et, de fait, « volontaires » dans ce domaine.

Les handicaps visuel et psychique comme les plus mal perçus

Ces avancées n'effacent toutefois pas la majorité écrasante d'acteurs considérant qu'il est difficile d'embaucher une personne avec un handicap. La donnée persiste au fil des baromètres, avec encore près de 7 personnes sur 10 dans ce cas (Emploi et handicap en 2025 : avancées et freins persistants). Une constante observée aussi bien chez les personnes concernées que chez les recruteurs ou le grand public. Ce chiffre s'inscrit aussi dans un contexte où le marché du travail est resserré, les entreprises cherchant globalement moins à recruter.

Certains handicaps en souffrent d'ailleurs plus que d'autres : les recruteurs classent les troubles du développement intellectuel (TDI), le handicap psychique et le handicap visuel comme les moins faciles à intégrer dans une entreprise. Un tabou persiste aussi quant à la santé mentale des travailleurs avec un handicap : ce n'est pas parce qu'il est plus facile de parler de son handicap qu'aborder sa santé mentale l'est, alors que 30 % des salariés concernés la jugent mauvaise ou très mauvaise.

©Kate_sept2004 / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Pauline Royer, journaliste Handicap.fr"
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