Puy du Fou : Maxime, de voltigeur à dresseur après une chute

En pleine représentation au Puy du Fou, Maxime Launay tombe de cheval. Le voltigeur, désormais paraplégique, voit son rêve brisé. Incapable d'accepter sa situation, il décide de se réorienter vers le dressage. Et continue d'espérer...

5 août 2015 • Par Handicap.fr / Kévin Murgue

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Ils sont plusieurs cavaliers dont l'histoire ressemble à la sienne. Comme Bernard Sachsé, dont la vie fut adaptée sur grand écran en avril 2015 avec le film En équilibre, Maxime Launay a dû apprendre à se relever après une chute de cheval qui lui a fait perdre l'usage de ses jambes. Se relever, tout en étant obligé de rester assis.

Embauché au Puy du Fou à 21 ans

C'est à dix ans que Maxime découvre les joies de la vie équestre. Le temps suit son cours et l'ado passionné s'investit dans de nombreuses écuries, s'initie (déjà) au dressage, au saut d'obstacles, mais, surtout, à la voltige. Particulièrement attiré par l'écurie de spectacle du Puy du Fou, il y passe ses étés et ses week-ends d'hiver en tant que palefrenier bénévole et fait ses premiers pas de comédiens à la Cinéscenie (spectacle nocturne) et au Grand parc. En 2008, bac professionnel en poche, obtenu en MFR (Maison familiale rurale), il n'hésite plus : « Je veux vivre de ma passion, et du spectacle équestre tout particulièrement. » A sa grande surprise, le Puy du Fou lui propose un CDI comme cavalier cascadeur sur le spectacle de La bataille du donjon, qui deviendra quelques années plus tard Le secret de la lance. Son rêve est en passe de se réaliser.

Accidenté en plein spectacle

Fin 2010, « après mûre réflexion et certains sacrifices », il achète son propre cheval, Sisko, tout droit venu d'Espagne. Quelques mois plus tard, un ami lui propose de se rendre à une fête du cheval dans un village voisin. « Je me fixe donc l'objectif de réaliser un petit quelque chose avec Sisko », raconte-t-il. Malheureusement, le numéro prévu ne verra jamais le jour… Maxime se souvient encore de ce jour tragique, le 5 juin 2011. « Je suis victime d'un accident lors d'une représentation du spectacle du Secret de la lance. Je suis percuté par le cheval d'un autre cavalier lorsque je voltige. Je perds l'usage de mes jambes sur le coup. » Profondément frustré, il met alors l'équitation de côté. Ses projets tombent à l'eau, des idées noires le traversent… Pour en sortir, il se lance dans le rink hockey fauteuil (hockey se pratiquant sur parquet, en fauteuil). Lentement, Maxime reprend goût à la vie. « Etre en situation de handicap, c'est prendre un nouveau départ. »

« L'espoir de remarcher m'aide à avancer »

Mais ce n'est qu'en 2013, deux ans après sa chute, qu'il remonte en selle, poussé, « bougé », même, par deux amis. « C'était une grosse émotion, se souvient-il. J'ai monté un poney pour que ce soit plus facile pour moi, et nous avons fait une balade. » Les allers et venues à l'écurie se font plus régulières. Le jeune homme multiplie les entraînements. En septembre de cette même année, l'émotion sera encore plus forte puisque Maxime retrouve la piste de la Cinéscenie. Au pas, certes, mais le pas franchi est immense. Le cavalier réitère l'expérience en 2014 mais, début 2015, en selle sur Sisko, il retombe assez sérieusement à l'entraînement. Bilan : entorse des cervicales. « J'ai un peu perdu confiance en mon cheval à ce moment-là. » Désormais, il pratique le travail en liberté et se réoriente vers le dressage. « On a vu que Sisko savait déjà faire deux-trois choses alors j'ai décidé de muter. Je vais le voir environ quatre fois par semaine mais je ne le monte que lors de la quatrième séance, pour garder le rythme. » Discrètement, le jeune cavalier essaie de mettre en place un petit numéro de dressage. Mais seulement pour la famille, cette fois-ci.

Toujours en CDI au Puy du Fou, où il organise les groupes de chevaux, conseille les cavaliers et touche à l'administratif, Maxime garde néanmoins l'espoir profond de pouvoir remonter à cheval, à la force de ses jambes. « J'ai "juste" une compression de la moelle épinière et la médecine peut rapidement évoluer. Alors, oui, je me dis que, peut-être, je serais capable de remarcher un jour. En tout cas, c'est ce qui m'aide à avancer. »

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Kevin Murgue, journaliste stagiaire Handicap.fr"

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