Réforme de la santé au travail : un big-bang nécessaire?

La réforme de la santé au travail, plusieurs fois reportée, devrait voir le jour en 2020. Faisant le "constat d'un système de reconnaissance des maladies professionnelles en état de mort cérébrale", une asso réclame un "big-bang".

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« 2020 est une année charnière, celle de la réforme », a déclaré la députée LREM Charlotte Lecocq qui présidait à Paris le 3 mars 2020 les 10e rencontres de la santé au travail, une série de tables rondes et d'interventions dédiées aux acteurs institutionnels du secteur. « On souhaite préparer un projet de loi et engager en 2020 la réforme pour un travail législatif aux environs du mois de septembre » avec la « prévention » comme « priorité », a-t-elle précisé. Les partenaires sociaux, qui avaient rompu la concertation sur le sujet, devaient reprendre les « négociations » dès le lendemain. Charlotte Lecocq, missionnée par le gouvernement, a rendu en 2018 un premier rapport sur la santé au travail dans le privé, puis un deuxième dans la fonction publique en octobre 2019, une « urgence » au vu des suicides des policiers et personnels hospitaliers notamment.

Un système en état mort cérébrale

La Fnath (Association des accidentés de la vie) dit se « réjouir » de l'annonce de cette réforme plusieurs fois annoncée et reportée. Selon elle, « les derniers chiffres connus font le constat d'une hausse des AT-MP (accident du travail/maladie professionnelle) avec, dans certains secteurs, un abandon total des salariés exposés comme c'est le cas pour les  travailleurs de l'aide à domicile, victimes d'une sinistralité deux fois plus importante que ceux du bâtiment. » C'est aussi, pour l'association, le « constat d'un système de reconnaissance des maladies professionnelles en état 'de mort cérébrale' qui refuse de faire droit à l'apparition des nouvelles maladies ».

La Fnath déplore le « constat édifiant » du nombre de cas reconnus de cancers professionnels qui resterait « stable depuis 2015 », soit seulement 1 800. « Alors qu'on assiste à une explosion des cancers ces 20 dernières années ! », remarque-t-elle. Elle observe aussi la difficulté d'une pleine reconnaissance de l'exposition aux risques psycho-sociaux et phytosanitaires. Dans ce contexte, la réforme de la santé au travail doit tenir compte de ces dysfonctionnements et même si la prévention est une priorité, « elle ne peut se construire sans un système de reconnaissance et d'indemnisation moderne et réactif », insiste l'association.

Exclu de « Ma santé 2022 »

Reste encore un écueil : la santé au travail et la prévention n'ont pas encore intégré le champ de la santé publique et encore moins le programme « Ma santé 2022 », que ce soit dans la nouvelle organisation du système de santé que dans le développement de la santé numérique. La Fnath appelle donc à un « big-bang » de la santé au travail qui « doit être posé comme un débat de société et non pas réservé au seul ministère du Travail ».

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Handicap.fr. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, sans accord. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"
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