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Handicap, épilepsie, surdité : ces chiens qui protègent...

Résumé : On connait les chiens guides d'aveugle mais nos compagnons ont d'autres compétences pour assister, notamment, les personnes sourdes ou épileptiques. Une éducation ad hoc leur permet de donner l'alerte en cas de danger ou avant une crise.

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Par Antoine Pollez                   

Ils ont changé la vie de leurs propriétaires : labradors, caniches ou cockers, ces compagnons à quatre pattes ont été éduqués pour rendre à leurs maîtres les facultés physiques qu'ils avaient perdues.

Des chiens d'alerte pour sourds

Dans les allées du salon Crufts, la plus grande exposition canine au monde, organisée à Birmingham (centre de l'Angleterre) début mars 2018 (lien ci-dessous), l'association "Hearing dogs for deaf people" (des chiens à l'écoute pour les personnes sourdes) offre une démonstration. Ses éleveurs professionnels apprennent à des chiens à reconnaître les sons du quotidien, que ce soit la sonnerie d'un réveil, une personne qui frappe à la porte ou une alarme incendie, et à transmettre l'information, en donnant un coup de patte, ou en adoptant certaines positions. "Notre objectif, c'est de rendre aux sourds leur indépendance grâce à leur chien", explique Veronica Pearce, la porte-parole de l'association. "Nous avons beaucoup de bénéficiaires qui ont pu, grâce à cela, déménager, s'installer seuls, sans que leurs proches aient à s'inquiéter".

Visa pour la liberté

Depuis sa création en 1985, l'organisation a déjà accompagné plus de 2 000 personnes. "S'il y a des requêtes particulières, on fait en sorte que l'animal soit entraîné" pour y répondre, explique Janine Hovey, une dresseuse de 27 ans. "Par exemple, si la personne a un bébé, on peut dresser le chien pour qu'il reconnaisse des pleurs dans un babyphone". Depuis trois ans, John Morris, un ancien manutentionnaire installé à Leeds (nord de l'Angleterre), emmène Théo, le cocker que lui a octroyé l'association, partout avec lui. "J'ai récupéré ma liberté. Avant je n'osais pas sortir", s'enthousiasme ce sexagénaire, qui a perdu l'audition il y a une quinzaine d'années après avoir travaillé toute sa carrière dans un environnement "très bruyant". Mais, pour lui, l'essentiel est ailleurs. Avec ses promenades et la curiosité que suscite son chien auprès des passants, John Morris a retrouvé confiance en lui. "Maintenant, je peux parler aux gens, je n'osais pas avant, je n'arrivais pas à les regarder dans les yeux", raconte-t-il avec satisfaction. "C'est comme une nouvelle vie". Bénévole pour l'association, il prend également part à des démonstrations.

Pour personnes épileptiques

Sa nouvelle autonomie, Lynn Radcliffe la met, elle, au profit de sa passion pour le football. "J'étais à Wembley (un stade londonien) il y a quelques semaines, quand on a battu Arsenal, 3-0 !", évoque avec plaisir cette supportrice de Manchester City. Diagnostiquée épileptique en 1998, elle avait à l'époque perdu son permis de conduire et son emploi, et dû abandonner ses loisirs. "Tout était devenu dangereux, même des choses aussi basiques que traverser une route, je pouvais avoir une crise subitement", se remémore-t-elle, "il fallait que quelqu'un m'accompagne". Mais, depuis quelques années, elle a pu retrouver un quotidien quasi normal en accueillant chez elle Simba, un labrador qui a suivi un programme de dressage développé par l'association britannique "Support Dogs".

Détecter une crise

"Il existe des signaux très subtils, que nous ne pouvons pas voir mais que les chiens peuvent détecter" 15 à 50 minutes avant une crise, explique Rita Howson, la directrice de l'organisation. Le chien peut alors prévenir son maître de l'imminence d'un épisode épileptique, par des aboiements ou un comportement précis. Si cette alerte n'empêche pas la crise de se produire, elle donne à la personne le temps de s'y préparer et d'éliminer le risque d'accident domestique. "Je me sens plus en sécurité chez moi", abonde Lynn Radcliffe. "Je peux prendre un bain sans avoir peur de me noyer. Si Simba me prévient que je vais faire une crise, je peux sortir pour éviter de m'exposer au danger".

En plus des épileptiques, "Support Dogs" accompagne également des adultes souffrant d'un handicap physique, et des enfants autistes. Au total, plus de 7 000 personnes au Royaume-Uni, dont 5 000 aveugles, sont assistées d'un chien dans leur vie quotidienne, selon "Assistance Dogs", qui fédère des associations de chiens guides dans le pays.

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