L'Essonne n'a plus les moyens de payer des aides sociales ?

Résumé : Le conseil départemental de l'Essonne (LR) se dit dans l'impossibilité de verser une partie des aides sociales 2015 allouées aux personnes handicapées. Il invoque une dette colossale; l'opposition répond "grosse opération politique".

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Le conseil départemental de l'Essonne se dit dans l'impossibilité de verser une partie des aides sociales légales pour l'année 2015 allouées aux personnes âgées et handicapées, et à l'aide sociale à l'enfance. Dans des courriers adressés fin décembre 2015 à différents établissements et révélés le 13 janvier 2016 par le quotidien Le Monde, François Durovray, président (Les Républicains) du conseil départemental de l'Essonne, annonce que sa collectivité « n'est malheureusement pas en mesure de procéder au paiement des factures actuellement en attente ». Il propose donc d'étaler les versements sur les six prochaines années, avec les intérêts. François Durovray (LR), qui a ravi l'Essonne à la gauche en 2015, justifie cette décision par une dette d'un milliard d'euros et une affaire d'emprunt toxique. Mais il accuse surtout son prédécesseur, Jérôme Guedj, (PS) de lui avoir laissé une « dette cachée » de 108 millions d'euros. « Mon prédécesseur présentait des budgets insincères qui ne permettaient de payer que onze mois de factures », a affirmé à l'AFP M. Durovray.

Plus de paiement de factures

Le courrier envoyé aux associations « acte le fait que nous ne sommes pas en mesure de payer les factures de 2015 mais qu'à partir de 2016 nous allons rattraper notre retard », assure-t-il. « Ce n'est pas acceptable », a réagi auprès de l'AFP Guillaume Quercy, directeur en Ile-de-France de l'Union régionale inter-fédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uriopss). « Cela représente un trou dans la trésorerie colossal. Cela peut mettre les associations dans des difficultés très importantes ». Selon lui, cette situation est une première dans un département. « C'est tout à fait nouveau. On ne s'est jamais trouvé dans une situation comme ça », a-t-il déclaré.

Pour le PS : les associations prises en otage

Pour l'Uriopss, ce rééchelonnement revient à demander aux gestionnaires d'établissements de supporter le poids de la dette du département. « De toute façon, l'aide sociale est une dépense obligatoire. S'il y a une problématique de trésorerie, on peut faire des arbitrages sur d'autres dépenses », a estimé Guillaume Quercy. Directement mis en cause par M. Durovray, M. Guedj a assuré qu'il n'y avait ni dette cachée, ni factures impayées, et a simplement évoqué de classiques décalages de trésorerie en fin d'année. Selon lui, cette décision cache une « grosse opération politique » qui « prend en otage les associations ». « Sa première décision lorsqu'il est arrivé à la tête du département a été de créer une nouvelle dépense facultative de 22
millions d'euros pour les communes », explique-t-il. « Il a fait un choix politique, c'est tout. »

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