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Film "Vivir y otras ficciones" : sexe et handicap, le tabou

Résumé : J'ai aussi le droit d'exister comme infirme!" Vivir y otras ficciones, le dernier film de Jo Sol, aborde un sujet dont on parle peu : la sexualité des personnes handicapées. Il sort en France le 7 février 2018.

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« On dirait que si on ne fait rien à ce sujet, c'est comme si ça n'existait pas ». Le dernier film poignant de Jo Sol, Vivir y otras ficciones (Vivre et autres fictions), met en lumière un des grands tabous de notre société : la sexualité des personnes en situation de handicap et leur relation avec des accompagnants sexuels.

Un film touchant

Dans le précédent film de Jo Sol, El taxista ful, Pepe volait des taxis illégalement, travaillait avec, puis les remettait à peu près à l'endroit où il les avait trouvés… Après avoir purgé sa peine en prison et séjourné en hôpital psychiatrique, il rencontre, dans Vivir y otras ficciones, Antonio, un écrivain tétraplégique. Les deux hommes se lient d'amitié, et Pepe, qui se sent seul, devient son assistant de vie. Antonio est un activiste. Il défend les droits des personnes à mobilité réduite et lutte pour qu'ils aient les mêmes opportunités que quiconque, y compris en termes de sexualité. C'est ainsi qu'il décide de faire venir chez lui une jeune prostituée militante qu'il considère davantage comme une « accompagnante sexuelle ». Son rôle est de satisfaire ses désirs et ceux de ses amis, eux aussi en situation de handicap. Une initiative qui ne va plaire à tout le monde… Pepe et Laura, son infirmière, qui aident Antonio au quotidien, ne comprennent pas son action. Pour eux, il existe d'autres manières de prendre du plaisir.

Un devoir politique avant tout

Vivir y otras ficciones, fiction réaliste, qui relève presque du documentaire, est ancré dans la réalité. Le sujet choisi par le réalisateur est difficile à traiter, sensible mais il est essentiel car il révèle la douleur des personnes en situation de handicap à qui le désir est souvent refusé. Lorsqu'Antonio interroge Pepe sur ce sujet, ce dernier lui répond : « Je pense directement qu'ils ne font rien ». Un cliché qui à la vie dure ! D'autant que le désir se nourrit aussi de discussions, de caresses, d'odeurs. Pour Antonio, c'est un besoin, une revendication, un devoir politique et social. Il lutte pour le droit commun et, selon lui, le plaisir fait partie de ce droit. Sur fond de musique flamenco, ce film transporte le spectateur dans un univers original, captivé par la volonté politique de cet homme de créer une association légale qui aiderait les personnes en situation de handicap à vivre leur sexualité. Il interroge également sur les motivations de cette « accompagnante sexuelle », une jeune femme plutôt ouverte qui souhaite faire quelque chose de bien de sa vie en acceptant ce boulot. C'est en effet son rôle de susciter des émotions, d'accorder un peu d'espoir, de bonheur et de liberté.

En France = prostitution !

D'autres films ont déjà été réalisés sur ce thème tels que The sessions, Hasta la vista ou Nationale 7 (article en lien ci-dessous) qui invitent à questionner la place des personnes en « difficulté sexuelle ». Apprécié dans de nombreux festivals (dont l'ArteKino festival 2017 et le 27e festival du cinéma de Nantes 2017), Vivir y otras ficciones sort en salles le 7 février 2018. Il a bénéficié du partenariat de l'Appas, association qui, en France, milite pour la reconnaissance du statut d'accompagnant sexuel et propose des formations dédiées (article en lien ci-dessous). Même s'il est autorisé dans certains pays européens, il est toujours, en France, assimilé à de la prostitution...

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Juliette Lamy , journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 06-02-2018 par Walter Salens :
Bel article sur ce film, thanks à la Journaliste et à Handicap.fr de suivre ce sujet depuis quelques années. Pour réveiller la mémoire, n'hésitez pas à suivre les liens. Bon mardi, les flocons tombent, j'adore et je vais balayer le trottoir. Une obligation tout comme respecter les places PMR.

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