Hôpital psychiatrique en Californie : une "folle" histoire !

Résumé : En Californie, le Camarillo Mental Hospital a alimenté tous les fantasmes pendant 60 ans. Annexe d'Hollywood pour artistes surmenés ou proie des chasseurs de fantômes après sa fermeture en 1996... Une histoire passionnante racontée dans un livre.

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Hôpitaux psychiatriques ? Lieux de fantasmes. Derrière les hauts murs et les portes closes, que s'est-il passé pendant des décennies et encore aujourd'hui ? Certains de ces hauts-lieux de la « folie » véhiculent des histoires aussi fascinantes que tragiques. Le Camarillo Mental Hospital est l'un d'entre eux.

Une annexe d'Hollywood ?

Ouvert en grandes pompes en 1936, sa proximité avec les studios de cinéma de Los Angeles, son cadre accueillant et ses traitements innovants lui valent une certaine renommée auprès des célébrités, et notamment Craig Rice (femme de lettres et journaliste) ou Charlie Parker (saxophoniste)… L'hôpital accueille aussi de nombreux Européens qui introduisent plusieurs thérapies aux États-Unis comme Jacob Frostig, psychiatre polonais, avec l'insulinothérapie au début des années 1940, et Trudi Schoop, mime suisse fondatrice du mouvement international de danse thérapie. Cet hôpital psychiatrique californien était à l'origine de l'émergence d'une prise en charge communautaire dans le domaine de la santé mentale et fut l'une des institutions médicales nord-américaines les plus renommées.

Investi par les chasseurs de fantômes

Lorsqu'il ferme ses portes en 1996, patients et soignants se mobilisent alors pour conserver vivace la mémoire du lieu. Mais l'hôpital fait place à une université et les chantiers de démolition sont alors investis par des chasseurs de fantômes attirés par la mauvaise renommée d'un site chargé néanmoins de souffrances. Car l'histoire mouvementée du Camarillo Hospital, ternie par de nombreuses affaires judiciaires, reflète les différentes orientations de la psychiatrie américaine, depuis les traitements corporels jusqu'au behaviorisme des années 1970. Elle illustre aussi les controverses autour de la désinstitutionalisation psychiatrique, processus politique et économique.

Les enjeux de la psychiatrie contemporaine

Comment faire le récit d'un lieu qui demeure dans les mémoires et l'inconscient collectif mais dont on a essayé de faire disparaître toute trace ? Nausica Zaballos-Dey, docteur en civilisation américaine qui a consacré ses recherches à l'histoire de la médecine, retrace cette incroyable épopée dans un ouvrage paru en mai 2014 : « Vie et mort d'un hôpital psychiatrique », aux éditions L'Harmattan. Il est également le premier, en France, à proposer un historique détaillé des différentes initiatives nord-américaines en réhabilitation psychosociale initiées dans les années 1960 et 1970 et qui, plusieurs décennies plus tard, ont aujourd'hui le vent en poupe dans l'Hexagone. On pense à la pair-aidance ou au Club-House (article en lien ci-dessous), un lieu d'accueil et de réinsertion, dont le premier a ouvert en France en 2012 alors que le concept existe à New-York depuis plus de 60 ans et s'est répandu dans 350 antennes à travers le monde. Cet ouvrage n'est pas seulement une intrusion dans un lieu « mythique », symbole honteux d'une Californie qui aurait administré de mauvais traitements ; l'histoire de cet hôpital entre en résonance avec les enjeux de la psychiatrie contemporaine.


« Vie et mort d'un hôpital psychiatrique, le  Camarillo hospital », par Nausica Zaballos-Dey, éditions L'Harmattan, mai 2014, 274 pages, 25.65 €. ISBN : 978-2-343-02881-1.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 20-01-2015 par jjleo :
Il est effectivement temps que la psychiatrie arrête de nuire !
« Le Quotidien du Médecin » a récemment publié le résultat d'une étude alarmante sur le taux de mortalité en psychiatrie. Elle a été réalisée par la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale du Nord-Pas-de-Calais, comparant les causes de décès de plus de 4000 patients psychiatriques avec ceux de la population générale.
Utilisant les certificats de décès de l'INSERM, l'étude rapporte que le taux de mortalité en population psychiatrique est 3 à 4 fois plus élevé qu'en population générale, et peut même être jusqu'à 20 fois supérieur chez les sujets entre 35 et 54 ans.
Sur la période étudiée étalée sur 5 ans, 473 patients sont décédés, soit un taux de 10,7%. Dans la moitié des cas les décès sont survenus non pas à cause des soi-disant pathologies psychiatriques, mais suite à des problèmes cardiovasculaires et pulmonaires.

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