Le gouvernement a présenté mercredi 18 février 2026 un « plan d'action » qui réaffirme le droit des personnes en situation de handicap à avoir une vie sexuelle et affective et qui prévoit notamment une « clarification » pour les professionnels à ce sujet. Sur le terrain, « les professionnels ne savent pas toujours très bien comment appréhender cette question, il était donc essentiel de proposer des clarifications », explique à l'AFP la ministre déléguée chargée du Handicap Charlotte Parmentier-Lecocq, appelant à « lever le tabou » qui plane encore sur cette question.
Quatre axes pour agir
Promis initialement par Emmanuel Macron pour fin 2023, ce plan, qui est déployé « à moyens constants », couvre quatre grands axes : information et sensibilisation, accès à la santé et à la vie sexuelles, prévention des violences sexuelles et évolution des pratiques dans les établissements. Sur ce dernier volet, un guide à destination des professionnels va notamment être réalisé pour « permettre aux établissements de rendre les espaces privés (chambres et appartements) propices à la vie intime et sexuelle », selon le ministère du Handicap.
Rôle des centres Intimagir et lutte contre les violences
Piliers du plan d'action, les centres de ressources Intimagir délivreront « un socle national d'outils fiables de sensibilisation et de formation » qui « pourront être utilisés partout » sur le territoire. Concernant la lutte contre les violences sexuelles - les femmes en situation de handicap sont deux fois plus concernées que les autres -, le contrôle des antécédents judiciaires des professionnels intervenant auprès des personnes en situation de handicap va être mis en place. Il concernera, d'ici à juin 2027, les établissements et services pour enfants, puis dans un second temps - avant juin 2028 - ceux accueillant des adultes.
Assistance sexuelle et recommandations de la HAS
Le plan ne tranche en revanche pas la question de l'assistance sexuelle des personnes en situation de handicap, objet de débat depuis des décennies. « On reste à cadre légal constant donc il n'y a pas de création d'un statut pour les assistants sexuels », a confirmé le ministère. Dans une note publiée début 2025, la Haute autorité de santé (HAS) avait fait état « d'importantes difficultés » concernant l'accompagnement de la vie intime, active et sexuelle (VIAS) des personnes en situation de handicap. Elle soulignait que cette dimension est « souvent niée, perçue comme inexistante » ou mène « à des conséquences non souhaitables (grossesses inopinées, violences sexistes et sexuelles, infections sexuellement transmissibles (IST), maltraitances, etc.) ».



