Schizophrénie : agir sur les traumas de l'enfance ?

Résumé : Comment agir sur la dépression, les symptômes négatifs et les traumatismes de l'enfance pour favoriser le rétablissement dans la schizophrénie ? C'est l'objectif de l'étude menée par la fondation FondaMental. Des pistes émergent...

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De quelle manière une bonne qualité de vie peut avoir un impact positif chez les sujets souffrant de schizophrénie ? Et comment les accompagner ? Après différents travaux ayant porté, notamment, sur la prévalence de l'akathisie, l'amélioration du traitement de l'agressivité et des fonctions cognitives ou encore les profils d'observance thérapeutique (…), le réseau des Centres Experts FondaMental Schizophrénie explore les conditions permettant aux personnes souffrant de schizophrénie d'atteindre le rétablissement, c'est-à-dire de retrouver le contrôle de leur vie. Cette étude transversale s'est intéressée tout particulièrement à la qualité de vie des patients, considérée comme un pilier du rétablissement. Différents domaines ont été explorés : vie amicale, sentimentale, bien-être psychologique et physique, résilience.

Traumatismes de l'enfance

Publiée dans Schizophrenia Research, cette étude établit des premières recommandations. Les résultats démontrent que les sujets qui rapportent la qualité de vie la plus altérée ont plus de manifestations dépressives, plus de symptômes négatifs (perte de motivation, de plaisir, appauvrissement de la pensée) et ont été plus exposés à des traumatismes psychologiques dans l'enfance (en particulier des abus et des négligences émotionnels, physiques et/ou sexuels). L'étude en cours suggère que l'amélioration de la qualité de vie des personnes souffrant de schizophrénie passe par un meilleur dépistage, un meilleur traitement de la dépression et des symptômes négatifs mais aussi par la possibilité, pour les sujets ayant présenté des traumatismes dans l'enfance, de bénéficier de prises en charge spécifiques.

PSY-COHorte : étude au long-cours

Afin d'affiner ces premiers résultats, une observation de l'évolution de ces différents facteurs dans le temps et de leur impact sur le rétablissement des patients constitue la prochaine étape. Cette évaluation sera possible grâce au programme PSY-COHorte, piloté par la Fondation FondaMental et soutenu par les programmes Investissements d'avenir. S'appuyant sur le réseau des Centres Experts FondaMental, son objectif principal est le recueil et le suivi de données cliniques, biologiques, économiques, environnementales et sociodémographiques, afin de caractériser les différents stades d'évolution de la pathologie et d'identifier des marqueurs biologiques associés à chaque stade. Ce programme se décline pour la schizophrénie et les troubles bipolaires. PSY-COHorte-SZ sera constituée de 400 personnes atteintes de schizophrénie (dont le début de la maladie remonte à moins de 10 ans) suivies pendant 4 ans.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 03-02-2017 par Manu :
Infirmier spécialisé depuis 20 ans dans l'accompagnement des psychoses je ne peux qu'être d'accord avec cet article. Souvent, face à ces traumas (abus, négligence, harcèlement, ...) la réponse psychiatrique est la plupart du temps (c'est à dire bien trop souvent) médicamenteuse et du "soutien", sans chercher à travailer sur le trauma. LA psychose "interdit" cela! Et pire: les professionnels n'y penseront même pas :(
C'est pourquoi après des formations en pnl, hypnose je m'oriente vers les trauams-hypnose, l'emdr et l'imo mais aussi l'act et la mbsr. J'ai hâte de voir les résultats de cette étude et les solutions dégagées. Même si j'habite en Belgique si je peux vous être d'une quelconque aide nhésitez pas. Cette thématique est mon "nouveau" fer de lance



Le 18-02-2017 par marielo :
Il faudrait peut être insister sur le fait que beaucoup de malades n'ont pas été maltraitês dans leur enfance et n'ont subi aucun abus et pourtant ils sont malade ça pourrait rassurer tous les parents qui ont tout fait pour que leur enfant soit heureux c'est très pénible de lire ce genre d'article d'autant que ces familles souffrent de ces situations il ne faut pas en rajouter...

Le 16-08-2017 par nancy :
Il ne s'agit pas d'un traumatisme forcément visible. L'accouchement par exemple peut être un traumatisme et personne ne s'en rend compte. Il se peut que quelque chose se soit passé et soit vécu comme traumatisant alors que les parents sont de bons parents tendres et attentionnés;
Ne pas rechercher de coupable mais surtout ne pas se priver d'une recherche psychologique

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