Handicap: Le difficile accès au plaisir des corps (partie 2)

Tabou:Le plaisir sexuel peut être inexistant pour certaines personnes en situation de handicap.Associations et prostituées proposent leurs services pour pallier ce manque.Une formation d'assistant sexuel commence d'ailleurs bientôt en Suisse romande

6 juin 2008 • Par Mathieu Signorell

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Problème de langage

Selon lui, il s'agit d'un devoir éthique que de donner aux personnes handicapées la possibilité d'accéder à une sexualité épanouie. «Certains n'ont jamais connu de contact physique avec une personne, outre la toilette. Le désir est là, mais l'accès à la satisfaction est parfois très fortement ou complètement entravé par le handicap. La frustration est grande.»
Une satisfaction sexuelle entravée, le directeur général de la fondation genevoise Clair-Bois le remarque également, s'occupant de divers foyers et ateliers pour personnes en situation de handicap lourd. «Parmi les gens dont nous nous occupons, il y a souvent un problème de langage», souligne Christian Frey. «Seules certaines personnes ont pu s'exprimer clairement à ce sujet et ont manifesté des besoins très précis.» Mais s'adresser à une prostituée reviendrait à «une solution de facilité» car «elle ne connaîtrait pas les désirs réels de la personne.»
Outre une sensibilisation auprès des enfants polyhandicapés, la fondation traite aussi de ce sujet avec les adultes. Il y a quelques années par exemple, un jeune homme de 25 ans avait clairement émis des désirs sexuels. En accord avec ses parents, la fondation avait décidé de faire venir pour lui une travailleuse du sexe. «Quand les parents ont donné leur accord, il n'a plus manifesté de désir, se souvient Christian Frey. C'est comme si l'autorisation avait suffi.»
A l'inverse de cet exemple, l'un des obstacles majeurs à la satisfaction sexuelle complète des personnes handicapées est représenté par la famille. «Neuf fois sur dix, les parents ont tendance à voir leur enfant polyhandicapé comme un petit enfant dépendant», complète Christian Frey.
Une difficulté que rencontre aussi l'unité de développement mental des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Le service tente alors de «dédramatiser» la situation avec les familles, selon les mots de sa responsable, Giulana Galli-Carminati.
Pour elle d'ailleurs, la sexualité des personnes en situation de handicap mental n'est pas différente des gens dits «normaux». «Toutefois, ces personnes sont moins ouvertes au contact avec l'autre, souligne-t-elle. Cela entraîne une sexualité plus personnelle, exercée solitairement, même si certains ont une vraie vie de couple.»

Note : *Prénom d'emprunt

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