1,407 million. C'est le nombre de personnes bénéficiant de l'Allocation aux adultes handicapés (AAH) en juin 2026, selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), publiées le 31 août. C'est 2,6 % de plus qu'un an auparavant. Mais derrière cette progression globale se cache une évolution nettement plus marquée : l'AAH2 représente désormais 765 500 bénéficiaires, contre 641 700 pour l'AAH1. Autrement dit, 54 % des allocataires de l'AAH relèvent aujourd'hui de l'AAH2, contre 46 % pour l'AAH1.
Pourquoi l'AAH2 augmente-t-elle deux fois plus vite ?
La différence est particulièrement nette. En un an, les effectifs de l'AAH1, attribuée aux personnes présentant un taux d'incapacité d'au moins 80 %, n'ont progressé que de 0,5 %. Ceux de l'AAH2, eux, ont augmenté de 4,5 %. La DREES souligne que cette hausse est « toujours fortement » orientée à la hausse, sans toutefois avancer, dans cette publication, d'explication à cette accélération. Il faut donc rester prudent : les chiffres montrent une dynamique, mais ne permettent pas à eux seuls d'en identifier la cause.
AAH2 : de quel droit parle-t-on exactement ?
Pour rappel, l'AAH2 concerne les personnes dont le taux d'incapacité est compris entre 50 % et 79 %, à condition qu'elles présentent également une restriction substantielle et durable pour l'accès à l'emploi (RSDAE). Cette restriction signifie que les conséquences du handicap rendent particulièrement difficile l'accès ou le maintien dans l'emploi de façon durable. L'AAH1 repose quant à elle sur un taux d'incapacité d'au moins 80 %. Cette progression intervient alors que l'évaluation des demandes d'AAH2 évolue également dans les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).
De nouveaux rendez-vous d'évaluation dans les MDPH ?
Selon une information du Média Social, des moyens sont prévus pour organiser des entretiens individuels préalables à l'attribution ou au renouvellement de l'AAH pour les personnes présentant un taux d'incapacité de 50 à 79 %. Une enveloppe de 8,4 millions d'euros aurait notamment été prévue pour financer les professionnels chargés de ces évaluations. Ce nouveau dispositif témoigne d'un enjeu croissant autour de l'évaluation de la capacité d'accès à l'emploi, mais il est encore trop tôt pour établir un lien entre sa mise en œuvre et la hausse de l'AAH2 observée par la DREES.
Un autre enseignement se dégage toutefois des chiffres : la progression de l'AAH est désormais davantage portée par les personnes dont le handicap se traduit par une limitation durable de l'accès à l'emploi que par celles présentant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 80 %. Avec 765 500 bénéficiaires, l'AAH2 constitue désormais la majorité des situations recensées. Une évolution qui pose, au-delà du seul montant de l'allocation, la question de l'accès à l'emploi des personnes handicapées et de la manière dont leurs difficultés sont évaluées et reconnues.
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