Entre AAH et PCH, pourquoi choisir ? Contrairement à une idée largement répandue, l'Allocation aux adultes handicapés et la Prestation de compensation du handicap ne s'opposent pas : elles se cumulent. Si le doute persiste, c'est parce que ces deux aides sont souvent confondues, alors qu'elles répondent à des logiques radicalement différentes. L'une est pensée comme un soutien financier, l'autre comme un outil de compensation. Comprendre cette distinction est la clé pour y voir clair et ne pas passer à côté de ses droits !
AAH : une aide pour vivre
L'AAH est une allocation de ressources qui vise à garantir un minimum de ressources aux personnes dont le handicap limite durablement l'accès à l'emploi. Il s'agit, plus précisément, d'un revenu, au même titre qu'un salaire ou une pension, conçu pour couvrir les dépenses courantes de la vie quotidienne. Fin 2023, environ 1,35 millions de personnes en bénéficiaient en France.
Versée chaque mois par la Caisse d'allocations familiales (Caf) ou la Mutualité sociale agricole (MSA), selon le régime de protection sociale, l'AAH peut atteindre 1 016,05 euros par mois pour une personne seule sans ressources (montant en vigueur depuis le 1er avril 2025). Son attribution dépend notamment du taux d'incapacité reconnu par la MDPH et de la situation professionnelle de la personne.
PCH : une aide pour compenser
La PCH, elle, n'est pas une allocation financière au sens classique : c'est une prestation affectée, destinée à prendre en charge des besoins liés à la perte d'autonomie. Aide humaine (auxiliaire de vie, aidant familial), aides techniques (fauteuil roulant, matériel adapté), aménagement du logement ou du véhicule, frais spécifiques ou exceptionnels, aide animalière... Elle couvre un large éventail de dépenses. Fin 2022, environ 429 200 personnes percevaient la Prestation de compensation du handicap (PCH) ou l'Allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP), qui est l'ancien dispositif intégré depuis dans la PCH.
Cette dernière est versée par le conseil départemental, généralement sous forme de remboursement ou de prise en charge directe. Son montant varie fortement d'une personne à l'autre, puisqu'il repose sur l'évaluation des besoins réalisée par la MDPH et non des ressources, celles-ci n'intervenant qu'éventuellement pour moduler le taux de prise en charge, sans conditionner l'ouverture du droit.
Pourquoi la PCH n'entre pas dans le calcul de l'AAH ?
C'est un point central, souvent source d'inquiétude... à tort ! La PCH n'étant pas considérée comme un revenu, elle n'est pas prise en compte dans l'évaluation des ressources servant au calcul de l'AAH. En clair, percevoir une aide au titre de la PCH n'entraîne aucune diminution du montant de l'AAH. Les deux dispositifs fonctionnent en parallèle, sans se neutraliser.
Qui peut cumuler AAH et PCH ?
Le cumul est possible dès lors que les conditions propres à chaque dispositif sont réunies. L'AAH repose sur un taux d'incapacité et des plafonds de ressources, tandis que la PCH dépend d'une évaluation fonctionnelle : difficultés à se déplacer, à réaliser les actes essentiels de la vie quotidienne, à communiquer ou à se repérer. Il est donc tout à fait possible de percevoir l'AAH sans bénéficier de la PCH, et inversement. Le cumul n'est ni automatique ni rare : il reflète simplement la diversité des situations de handicap. À noter également : les bénéficiaires de l'AAH présentant un taux d'incapacité d'au moins 80 % peuvent, sous conditions, percevoir la Majoration pour la vie autonome, soit 104,77 euros supplémentaires par mois, versés automatiquement (AAH, du CPR à la majoration pour la vie autonome MVA).
Une démarche unique… pour deux aides différentes
L'AAH comme la PCH font l'objet d'une demande auprès de la MDPH, à partir d'un dossier unique. C'est cette instance qui évalue la situation globale, reconnaît les droits et transmet ensuite les décisions à la Caf (ou MSA) et au conseil départemental.
Un conseil souvent répété mais toujours utile : ne pas négliger le projet de vie. C'est lui qui permet de donner chair au dossier, en décrivant concrètement le quotidien, les besoins et les priorités, et d'éviter une lecture trop strictement administrative de la situation.
Un cumul qui s'inscrit dans une logique plus large
Le cumul AAH-PCH n'est pas une exception. Il s'inscrit dans une architecture d'aides pensées pour répondre aux différentes dimensions du handicap : ressources, logement, autonomie, mobilité. Selon les situations, la PCH peut d'ailleurs être associée à d'autres dispositifs de soutien.
Encore faut-il que l'information circule, et que les droits soient lisibles. Car, bien souvent, ce qui freine l'accès aux aides, ce n'est pas l'inéligibilité, mais la méconnaissance.
© Alfexe de Getty Images (modifié par Handicap.fr)



