Accords agréés : comment l'Agefiph va transformer son offre

Avec notamment la fin du renouvellement des accords agréés prévue en 2027, l'Agefiph prépare la transformation de son offre de services. Des évolutions détaillées à l'occasion du salon Inclusiv'Day le 1er octobre 2026.

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deux femmes se serrent la main dans un bureau

« Il faut arrêter de taper sur les entreprises. » Pour Caroline Dekerle, directrice générale de l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées) depuis un an, les employeurs doivent avant tout être mieux accompagnés dans leur politique handicap. « Les entreprises ne sont pas malveillantes, mais elles sont souvent très démunies », estime-t-elle. 

40 ans de l'Agefiph

 À l'occasion du salon Inclusiv'Day qui s'est tenu le 1er octobre 2026 (Salon Inclusiv'Day : l'inclusion passe à la pratique), Caroline Dekerle a détaillé les principaux chantiers de l'association qui fêtera ses quarante ans en 2027. L'Agefiph a pour mission d'accompagner l'État dans les politiques publiques autour de l'emploi et des handicaps, mais elle finance aussi des aides pour les personnes concernées, elle accompagne l'engagement des entreprises, et elle produit des statistiques et des études sectorielles sur le sujet. La directrice affirme vouloir mettre en œuvre une « évolution culturelle organisationnelle » de l'association, notamment dans le contexte de la fin du renouvellement des accords agréés. (Fin des accords agréés : quel impact pour les entreprises?)

 Ces accords, élaborés avec les partenaires sociaux, permettent à une entreprise qui ne respecte pas le taux de 6 % d'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH) de garder l'argent qu'elle devrait normalement verser à l'Agefiph, qui s'en sert ensuite pour remplir ses missions. En contrepartie, l'employeur doit s'engager à utiliser cette somme pour la mise en œuvre de sa politique handicap. 

Fin du renouvellement des accords agréés

 À partir de 2027, il ne sera plus possible pour les entreprises de renouveler des accords agréés signés pour une durée de deux fois trois ans. Ce changement a été acté par la loi du 5 septembre 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel. Sophie Cluzel, ancienne secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées qui a porté le volet handicap du texte, était présente au salon Inclusiv'Day. Elle estime que ces accords « étaient renouvelés systématiquement et que certains ne produisaient pas les effets escomptés. On s'est dit que ça devait être un tremplin et non une habitude de conserver cet argent. » 

« L'enjeu est d'ancrer durablement le handicap au cœur de la stratégie des entreprises », précise Hugues Defoy, responsable de l'excellence opérationnelle de l'Agefiph, au micro de Handicap.fr. Cette réforme suppose cependant une réorganisation pour les entreprises concernées et a pu susciter des inquiétudes. 

Une offre déclinée en trois packs

Caroline Dekerle se veut pourtant confiante, en assurant que l'Agefiph prévoit de transformer en conséquence son offre de services et de la rendre plus lisible. « Nous allons proposer trois packs en fonction des besoins des entreprises », annonce la directrice sur la scène d'Inclusiv'Day. « Nous n'apportons pas la même réponse à une entreprise qui débute sur le sujet et à une entreprise plus mature », renchérit Hugues Defoy. Le premier pack, baptisé « pack découverte », sera ainsi destiné aux plus de 30 % des entreprises de plus de vingt salariés qui n'ont aujourd'hui aucun salarié en situation de handicap, ou aux plus petites entreprises. Le deuxième pack proposera, lui, un plan d'action « simple et concret, porté par le référent handicap et axé sur la formation des managers, la sensibilisation du personnel, le recrutement et le maintien dans l'emploi », détaille Caroline Dekerle. Le dernier pack, pour les employeurs déjà très engagés, pourra les guider pour « booster leur politique handicap » avec des outils de sensibilisation ou encore des modules de formation. 

Une convention de services

Pour les entreprises qui vont sortir des accords agréés, Caroline Dekerle assure que cela peut être une opportunité pour « découvrir l'offre de l'Agefiph ». Elle rappelle aussi l'existence d'un dispositif spécifique de transition : une convention de services. Il s'agit d'un moyen d'accéder plus facilement à des aides de l'Agefiph avec, notamment, une enveloppe globale versée sur la base d'estimation des aides nécessaires pour chaque type de besoin (aménagement de poste, transport, etc.). Cela évite de devoir traiter chaque dossier individuellement.

Pour celles qui ne sont pas sous accord agréé, il reste possible d'en signer. Caroline Dekerle martèle de son côté qu'il vaut mieux aujourd'hui « ne plus s'engager dans ces accords et prendre plutôt le pack 2 de l'Agefiph ». « On veut aussi dire aux entreprises qui ont dépassé les 6 % qu'il ne faut pas s'arrêter là », insiste la directrice. « L'inclusion a un effet positif sur la marque employeur », fait en ce sens remarquer Hugues Defoy. « Une entreprise qui veille au bien-être de chacun et permet à tous de progresser dans de bonnes conditions est généralement plus performante et plus créative. »

© Pexels 

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Solène Alifat, journaliste Handicap.fr"
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