Peu connue du grand public, la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées constitue pourtant l'un des plus importants rendez-vous internationaux sur le handicap. Réunis au siège de l'ONU à New York du 9 au 11 juin 2026 pour une 19e session, gouvernements, membres du Parlement européen, de la Commission européenne, associations, experts et personnes handicapées y dressent le bilan de l'application de la Convention de l'ONU, adoptée en 2006 et ratifiée par la France en 2010. C'est la « boussole » internationale du handicap. Elle sert également d'arme juridique aux associations pour forcer la France et d'autres pays qui l'ont ratifiée à bâtir une société plus inclusive.
Cette 19e édition revêt une portée particulière puisqu'elle marque les vingt ans de ce texte fondateur. Cette année, les débats portent notamment sur la lutte contre les violences et les abus - un thème particulièrement d'actualité -, le renforcement des systèmes d'accompagnement vers l'autonomie et la participation politique des personnes handicapées.
ONU, inclusion et accessibilité : quels enjeux à l'échelle internationale ?
La COSP19 n'adopte pas de nouvelles lois mais influence fortement les politiques publiques des États signataires. Son objectif est de transformer les engagements en actions concrètes : école inclusive, accessibilité universelle, emploi, logement, vie autonome, participation citoyenne ou encore protection contre les discriminations. « Vingt ans après l'adoption de la Convention, il s'agit de célébrer les avancées tout en préparant la prochaine étape de sa mise en œuvre dans un monde en mutation », souligne l'ONU. Les organisations représentatives des personnes handicapées profitent également de cette tribune mondiale pour interpeller les gouvernements et faire émerger de nouvelles priorités, notamment face au vieillissement de la population, aux crises humanitaires, environnementales ou aux défis du numérique.
Quels impacts pour les citoyens français en situation de handicap ?
À première vue, les discussions menées à New York peuvent sembler éloignées des préoccupations quotidiennes nationales. Pourtant, les recommandations issues de la COSP19 alimentent directement les évaluations adressées à la France par les instances internationales. Elles servent de référence aux associations françaises lorsqu'elles interpellent l'État sur l'accessibilité des transports, l'accompagnement humain à l'école, l'accès à l'emploi, la compensation du handicap ou encore le respect du droit à une vie autonome. Dans un contexte où la France est régulièrement invitée à accélérer sa transition vers une société plus inclusive, ces échanges internationaux constituent un levier supplémentaire pour faire évoluer les politiques nationales. En effet, en août 2021, l'ONU avait rendu un verdict plutôt acerbe sur la politique menée en faveur de personnes handicapées dans l'Hexagone. Vingt pages de recommandations sans concessions qui poussaient à métamorphoser notre système (Politique du handicap : l'ONU ne ménage pas la France).
Cette année, une délégation française, dont fait partie la ministre déléguée chargée de l'Autonomie et du Handicap, Camille Galliard-Minier, se rend à New York les 9,10 et 11 juin. « À travers cette participation, notre mission est claire : porter nos convictions, partager notre engagement et contribuer aux échanges internationaux afin de construire des politiques publiques toujours plus justes, inclusives et accessibles à toutes et tous », indique l'Association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP) sur Linkedin.
Une conférence qui rappelle que les droits ne sont jamais acquis
La COSP19 intervient à un moment charnière. Vingt ans après la naissance de la Convention de l'ONU et à quelques semaines de la Conférence nationale du handicap (CNH) (}}39566{{{), les avancées sont réelles mais les écarts demeurent importants entre les principes et la réalité vécue par de nombreuses personnes handicapées. Pour les associations, le message est clair : l'inclusion ne peut plus être une promesse. Qu'il s'agisse d'accessibilité, de participation citoyenne ou de lutte contre les discriminations, la conférence de New York rappelle que les droits des personnes handicapées restent un enjeu mondial... mais aussi profondément local. Les décisions prises aujourd'hui dans les enceintes internationales pourraient bien façonner le quotidien des citoyens français de demain.
©ONU


