Ils ne se voient pas, mais ils peuvent envahir chaque instant et rendre le quotidien impossible. Les acouphènes, ces sons perçus sans source sonore extérieure, concernent 10 à 19 % des adultes, selon la Haute autorité de santé (HAS). Cette affection est même jugée invalidante par 1 à 4 % des patients. Chez ces personnes, ils deviennent persistants, perturbant le sommeil, la concentration, les relations sociales ou encore la santé psychologique. « Un acouphène est considéré comme invalidant lorsqu'il affecte significativement la qualité de vie de manière significative », rappelle la HAS dans ses « nouvelles recommandations de bonnes pratiques » publiées le 16 juillet 2026.
Cette atteinte de l'audition ne doit donc pas être réduite à une simple gêne passagère. Pour les personnes concernées, elle peut représenter une situation de handicap invisible, avec un retentissement important sur le quotidien (troubles majeurs du sommeil, états anxieux ou dépressifs, isolement social…). La HAS souligne notamment la nécessité d'éviter les parcours de soins trop longs et de proposer une évaluation personnalisée, associant plusieurs professionnels de santé.
Été, bruit et chaleur : des oreilles davantage exposées
La période estivale constitue un moment de vigilance particulier pour la santé des oreilles. L'humidité, la chaleur et l'exposition prolongée au bruit peuvent favoriser plusieurs troubles auditifs : otites du baigneur, bouchons de cérumen, aggravation de certaines gênes auditives ou apparition d'acouphènes après des traumatismes sonores, notamment lors de festivals ou de concerts.
Face à cette augmentation des risques, protéger son ouïe devient essentiel : limiter l'exposition aux sons trop forts, faire des pauses dans les environnements bruyants et consulter en cas de symptômes persistants permettent de préserver son audition. Un acouphène soudain, associé à une baisse de l'audition, des vertiges ou d'autres signes inhabituels doit alerter et nécessite un avis médical.
Les nouvelles recommandations de la HAS : un parcours plus structuré
Pour répondre aux difficultés rencontrées par les patients, la HAS recommande désormais une démarche diagnostique organisée : caractérisation de l'acouphène, évaluation du retentissement sur la qualité de vie, recherche d'une éventuelle perte auditive et orientation adaptée vers les professionnels concernés. Un questionnaire comme le Tinnitus handicap inventory – référentiel conçu aux États-Unis dans les années 1990 et utilisé par les professionnels de santé (ORL, audioprothésistes, équipes spécialisées) pour mesurer à quel point un acouphène affecte la vie quotidienne d'une personne - peut notamment aider à mesurer le niveau de gêne ressenti.
Côté solutions, la prise en charge repose avant tout sur un accompagnement individualisé. En santé mentale, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) font partie des approches recommandées pour aider les patients à mieux vivre avec leurs acouphènes. En cas de baisse de l'audition associée, des aides auditives ou des thérapies sonores peuvent également être envisagées à l'aide de prothèses auditives (associées ou non à un générateur de bruit blanc). Des approches en thérapie manuelle (utilisant les mains pour soulager les tensions) ou en acupuncture peuvent être proposées lorsque des tensions cervicales ou temporo-mandibulaires influencent l'intensité du bruit. Enfin, l'intégration d'associations de patients et de la pair-aidance peuvent « jouer un rôle complémentaire important » souligne la HAS. L'objectif : réduire l'impact de ce trouble et permettre aux personnes concernées de retrouver une meilleure qualité de vie.
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