Covid-19 : 40 000 étudiants en travail social mobilisés?

Le gouvernement annonce la constitution d'une "réserve sociale", composée de 40 000 étudiants en travail social, pour prêter main forte aux établissements sociaux et médico-sociaux en pleine période épidémique.

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40 000 étudiants en travail social en renfort des établissements sociaux et médico-sociaux pour gérer la crise sanitaire déclenchée par l'épidémie de coronavirus ? C'est ce que propose le gouvernement pour améliorer la prise en charge des patients les plus fragiles. « Ces jeunes pourront, en stage ou en CDD, continuer à assurer la continuité de la prise en charge de leurs publics, explique-t-il dans un communiqué. Les préfectures avec l'appui des commissaires à la lutte contre la pauvreté font actuellement remonter les besoins des établissements et permettront de faire le lien avec les centres de formation. » Une « réserve sociale » en cours de constitution, qui a vocation à contribuer activement au maintien de l'action sociale et médico-sociale.

Soutien dans les IME

Ces étudiants, qui ne sont actuellement pas en stage, pourront s'engager pour soutenir les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et ceux qui accueillent des personnes en situation de handicap ainsi que le centre d'hébergement d'urgence (CHU), les centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et les accueils de jour. Ils pourront également prêter main forte aux établissements de protection de l'enfance et d'accueil d'enfants en situation de handicap, telles que les maisons d'enfants à caractère social (MECS), les foyers et les Instituts médico-éducatifs (IME), mais également aux établissements d'accueil du jeune enfant, à savoir les micro-crèches et autres crèches réquisitionnées. « Nous devons tout faire pour éviter qu'à la crise épidémique ne s'ajoutent des drames sociaux. L'accompagnement qu'apportent les travailleurs sociaux aux personnes les plus en difficulté dans la vie ne peut pas s'arrêter sans faire peser de lourdes conséquences, conclut Christelle Dubos, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé. C'est notre devoir et notre responsabilité de maintenir l'accompagnement des plus fragiles en cette période de crise. »

Des étudiants réclament de vrais CDD

« On accepte de participer à l'effort pour aider les structures en difficultés, mais il faut que ce soit dans le cadre d'un CDD », a réagi auprès de l'AFP Marjorie Leandri, membre du comité de mobilisation des étudiantes et étudiants en travail social. « Ce volontariat étudiant ne doit pas précariser davantage encore les étudiants en formation », ni « être synonyme de bénévolat ou de stage, mais de CDD permettant une réelle rémunération », a ajouté dans un communiqué le collectif des étudiants en travail social, pour qui « il serait indécent de profiter de la crise actuelle pour faire des étudiants une main d'œuvre gratuite afin de pallier le manque structurel de moyens humains et financiers dans le social ». Selon Mme Leandri, les stages effectués par les étudiants dans le cadre de leur formation sont habituellement indemnisés à hauteur d'un tiers du Smic. La plupart des étudiants ont d'ailleurs vu leur stage interrompu par la mise en place du confinement. « On nous demande à présent de venir aider, éventuellement en stage : c'est un peu paradoxal », a-t-elle souligné. Les étudiants s'inquiètent par ailleurs des assurances des pouvoirs publics selon lesquelles une participation volontaire à la « réserve sociale » serait « prise en compte dans le parcours de formation » : une telle mesure créerait une « inégalité de fait » entre ceux qui peuvent y participer et les autres, selon le comité. Ne pas prendre en compte le volontariat serait une « injustice », a répondu le cabinet de Mme Dubos. Pour autant, le gouvernement « comprend très bien » que certains ne pourront ou voudront pas s'engager, et « veillera à ce qu'il n'y ait aucune discrimination ».

Des élèves infirmiers en renfort

De son côté, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a décidé de mobiliser une enveloppe « exceptionnelle » de 18 millions d'euros pour que les établissements de santé d'Ile-de-France puissent faire appel à 9 000 élèves infirmiers pour venir en aide aux personnels soignants. Les indemnités de stage versées à ces étudiants par la Région, qui sont aujourd'hui de 112 euros par mois pour les élèves de première année, 152 en deuxième année et 200 en troisième, pourront ainsi être revalorisées à 1 400 euros par mois. Leitmotiv : « L'urgence sanitaire nécessite une mobilisation hors du commun, et les élèves infirmiers peuvent être des renforts de grande qualité », explique Muriel Pénicaud.

Appel aux volontaires

En parallèle, le gouvernement a ouvert, le 22 mars 2020, une plateforme en ligne, jeveuxaider.gouv.fr pour recenser les volontaires voulant aider des personnes handicapées, âgées, isolées ou démunies (article en lien ci-dessous). Le site propose « quatre missions vitales » : « l'aide alimentaire et d'urgence », la « garde exceptionnelle d'enfants » (de soignants), le « lien avec des personnes fragiles isolées » (par téléphone, visio, mail) et, enfin, la « solidarité de proximité » (courses pour les voisins les plus fragiles).

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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