Cuba: le paranageur Lorenzo Pérez défendra son titre à Tokyo

Sa paraplégie lui complique l'entrée dans les bassins mais, une fois dans l'eau, le champion et recordman paralympique cubain Lorenzo Pérez s'y sent comme un poisson. Récemment guéri du Covid-19, il se prépare à défendre son titre à Tokyo.

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A la seule force du haut de son corps, Lorenzo Pérez, nageur cubain paraplégique, se hisse au bord de la piscine et saute ensuite dans son fauteuil roulant, après une exténuante séance d'entraînement dans le complexe aquatique Baragua, dans l'est de La Havane. Ses muscles engourdis par l'effort, il se frotte les bras avec de la glace pour les relaxer, tout en écoutant avec attention les conseils de son entraîneur, Ernesto Garrido. "L'objectif est fixé : monter sur le podium, décrocher une médaille et, avec ou sans public, on va faire le travail", déclare le nageur à l'AFP. Son entraîneur de 35 ans, vice-champion olympique à Barcelone en 1992, ajoute : "Depuis que nous avons commencé notre préparation, l'objectif est de défendre notre titre de Rio 2016".

Paralysé à cause d'un ouragan

Au Brésil, Lorenzo Pérez avait gagné sa première médaille d'or paralympique (sur le 100 mètres nage libre), ainsi que le bronze sur le 400 mètres. Il avait alors fait mieux qu'à Londres-2012, où il avait décroché l'argent et le bronze, devenant ainsi le seul nageur cubain à avoir obtenu deux médailles olympiques. Natif de Niquero, ville du sud-est de l'île, Lorenzo est un exemple de ténacité et de dépassement de soi. Il est paralysé depuis ses 19 ans, après qu'un mur de sa maison est tombé sur lui, à cause d'un ouragan. Il nage dans la catégorie S6, réservée aux athlètes dont la coordination d'une partie du corps est modérément limitée, très limitée au niveau du torse et des jambes ou qui ont des membres en moins.

"Victime du Coronavirus"

Après plus d'un an loin des bassins et après s'être remis du coronavirus, le nageur est revenu à la compétition en mai, décrochant l'argent (50 m) et le bronze (100 m) au championnat d'Europe Handisport au Portugal. "J'ai été une des victimes du virus" mais "je suis content de ne pas avoir eu beaucoup de séquelles", explique Pérez, admettant tout de même que la pandémie a mis "en péril" sa préparation pour Tokyo, l'éloignant des bassins et le forçant à "adapter plus d'une fois" son plan d'entraînement. Maintenant, il veut rattraper le temps perdu, conscient qu'à Tokyo, il devra à nouveau se mesurer à l'Italien Antonio Fantin, de 16 ans son cadet et qui avait battu le record mondial sur 100 mètres que Lorenzo Pérez avait établi à Toronto en 2015, lors des Jeux panaméricains. Enfin, même s'il regrettera l'agitation habituelle de la remise des médailles, le nageur cubain ne s'inquiète pas que les Jeux de Tokyo "soient le premier événement international" où il devra nager devant un "public plus réduit" : "Quand on entre dans le bassin, le public n'existe plus".

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