David Labarre : trek de 213 km à l'aveugle... et en braille !

Rien n'est impossible, même en cas de handicap. C'est le message que véhicule David Labarre, malvoyant de naissance, en bouclant un trek de 213 km, en solitaire, sans GPS. Après deux semaines de marche, il vient d'arriver à destination.

8 mars 2019 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr

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213 km à pied, en deux semaines et en solitaire ? Pour les randonneurs aguerris, c'est une virée ordinaire mais, pour une personne déficiente visuelle, c'est une prouesse ! C'est en tout cas le pari fou que s'est lancé David Labarre, malvoyant de naissance et vice-champion paralympique de cécifoot en 2012. Parti de Carcassonne (Aude) le 22 février 2019, il est arrivé le 6 mars à Aspet (Haute-Garonne), point final de son expédition. Son leitmotiv : montrer que, si le handicap est un obstacle, il peut être surmonté. Une traversée occitane plutôt excitante !

Aléas du voyage

Après l'ascension du Pic d'Aneto l'an passé (vidéo ci-contre), David se lance une nouvelle fois à l'assaut des Pyrénées. Habitué aux sports d'équipe, le champion doit, cette fois, apprendre à naviguer en solitaire. Pour s'orienter, pas de GPS ni même de boussole mais des notes en braille qui lui décrivent le trajet quotidien. Seul compagnon de voyage : un sac à dos de 25 kg, un peu « lourd » à la longue et pas bien bavard ! Heureusement, en chemin, il fait d'autres rencontres… Car malgré une organisation sans faille et une détermination à toute épreuve, tout ne va pas se passer comme prévu…

Rencontres fortuites

Dès le départ, David semble « déboussolé » et part dans le sens opposé. « Souvent, je marche des kilomètres dans la mauvaise direction, c'est très frustrant et très dur », confie-t-il à France bleu. Alors, parfois, il préfère attendre du renfort et espère croiser des gens pour le remettre sur la bonne voie. « Il y a des chemins qui partent partout, je ne m'en sors pas. Et là, un jeune arrive, je lui demande de me guider jusqu'en haut de la montée. Il me dit qu'il court et qu'il ne veut pas marcher. J'ai couru avec mon sac sur une piste très inclinée, c'était terrible. Mais je n'avais pas le choix, il y a des moments où il faut juste avancer, tu n'as pas d'autre option », poursuit-il.

Un jour une étape

Après l'effort, le réconfort… ou pas. Le soir, un autre défi l'attend : monter la tente et préparer le dîner avant la tombée de la nuit. L'équipement est minimaliste, les rations aussi ; il faut que tout puisse rentrer dans le sac… Tel un militaire, David engloutit un sachet de nourriture lyophilisée, chauffée à l'eau bouillante, avant de se glisser dans son duvet. Demain est un autre jour, une autre étape… Ce sont d'ailleurs bientôt ses dernières, la fin de l'aventure arrive « à grand pas ». Le 6 mars, David a officialisé son arrivée avec une photo finish sur Facebook avant de filer retrouver ses proches. Il compte bien profiter d'eux quelques temps mais se tient toujours prêt pour de nouvelles aventures… Il y a quelques mois, il avait annoncé vouloir gravir quatre sommets, en deux ans. Ses prochaines conquêtes : le djebel Toukbal, en Afrique, le Mont Blanc et un immense sommet népalais « d'au moins 7 000 mètres ».

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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