Détenus handicapés : des traitements inhumains et dégradants

La contrôleure générale des lieux de privations de liberté, Dominique Simonnot, dénonce dans un rapport publié le 18 mai 2021 "un traitement inhumain ou dégradant" de détenus âgés, handicapés ou malades au centre de détention de Bédenac.

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"Réalisée par six contrôleurs du 29 mars au 2 avril, la visite d'un bâtiment spécialisé du centre de détention de Bédenac (Charente-Martitime) a donné lieu au constat de dysfonctionnements dans la prise en charge des personnes détenues constituant un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'Homme", affirme ce rapport. Ces dysfonctionnements ont été constatés dans un bâtiment "situé à l'écart du reste de la détention", ouvert en 2013 et prévu pour accueillir "des personnes détenues vieillissantes, nécessitant d'être hébergées en cellules pour personnes à mobilité réduite (PMR)".

Dans leur pisse et leur merde

"En raison du transfert de patients en perte d'autonomie depuis toute la France au cours des deux dernières années, les prises en charge, pénitentiaire et sanitaire, ne sont adaptées ni aux besoins concrets des personnes détenues, ni à l'évolution de leur état de santé", pointe le rapport. Dans cette unité qui compte 20 cellules individuelles, les contrôleurs sont ainsi "tombés sur des gens dans un état d'abandon total, d'impotence totale, qui ne peuvent se hisser de leur chaise roulante au lit médicalisé ou le contraire qu'au prix d'efforts monstrueux. Des gens atteints de démence, incontinents, qui attendent l'aide médicale qui vient deux-trois fois par semaine et donc vivent le reste du temps dans leur pisse et leur merde, dans leur lit souillé. C'est horrible !", a déploré Mme Simonnot sur France Inter.

4 ans d'alerte

"Cela faisait quatre ans que les autorités médicales alertaient sur cette situation. Le médecin généraliste a démissionné alors qu'il effectuait ses trois derniers jours de travail en disant 'je ne peux plus travailler dans ces conditions'", a-t-elle ajouté. Selon elle, "ce n'est pas un problème de vétusté mais d'abandon (...), c'est un problème général de notre société : les plus vulnérables sont en général à l'abandon". Au 1er avril, selon la Chancellerie, il y avait au total 3.321 personnes âgées de plus de 60 ans dans les prisons françaises soit 4,2% du total des personnes détenues. Une enquête du ministère de la Justice de 2013 -derniers chiffres connus- estimait par ailleurs à 329 le nombre de personnes détenues présentant un handicap physique.

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