Fête des pères : paternité et trisomie 21

À l'occasion de la fête des pères, le 21 juin 2026, Vincent Drisch, papa d'Isaac porteur de trisomie 21, raconte un quotidien fait d'amour, de doutes et d'élan. Un témoignage sur la place des pères face au handicap, entre tabou et engagement.

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Quand Isaac arrive après 17 heures d'accouchement, Vincent voit immédiatement « un faciès différent ». Le choc est là, brutal, mais la trajectoire bascule vite. Face au diagnostic de trisomie 21, il raconte s'être « transformé en papa déterminé », presque dans l'urgence de tout maîtriser. Puis une phrase médicale change tout : « Votre enfant a besoin de deux choses : l'amour et la présence de ses parents. » Une bascule intime, qui redéfinit son rôle de père, loin des projections initiales. En France, environ 50 000 personnes vivent aujourd'hui avec une trisomie 21, selon les estimations des associations, et chaque annonce continue de bouleverser les équilibres familiaux.

Paternité et handicap : une parole encore discrète

Derrière l'image du père protecteur, Vincent évoque surtout un espace de parole encore fragile pour les hommes. « Je ne pense pas qu'il y ait un déficit, mais un besoin de comprendre qu'on peut participer », explique-t-il. Les associations comme Prête-moi tes ailes ou M21, qu'il cofonde avec son épouse ( Trisomie 21 : une aide pour les parents face au diagnostic? ) offrent des repères, mais les pères restent souvent en arrière-plan du récit du handicap. Une invisibilité que l'on retrouve dans de nombreux témoignages familiaux : la mère est souvent au centre du récit, tandis que le père cherche encore sa place, entre action, silence et ajustement émotionnel. Pour Vincent, cette place se construit dans le quotidien, dans la présence plus que dans les mots.

Une fête des pères faite de liens simples

Dans la famille Drisch, la fête des pères n'a rien de spectaculaire, mais tout de profondément incarné. Un cadre fait de cailloux, offert par Isaac, trône sur son bureau : « Je t'aime papa ». Ce sont ces gestes-là qui marquent. Le père raconte aussi les activités partagées : le zoo, le basket, les projets improvisés qui deviennent des rituels. Isaac, « enfant curieux », s'y engage à fond, dans une intensité qui structure leur lien. Une parentalité où la répétition et la joie simple construisent une relation solide, loin des représentations normées.

« Choisir d'être heureux ensemble »

Face à la trisomie 21, Vincent parle d'un choix fondateur : celui du bonheur. « On n'a pas choisi comment tu es né, mais on va choisir de vivre heureux », se sont-ils dit avec sa compagne, sur le pas de la porte, de retour de la maternité six ans auparavant. Une promesse tenue au quotidien, malgré les tempêtes. Et un souhait pour l'avenir : que la société « laisse Isaac trouver sa place », qu'elle se laisse « bousculer par son énergie, sa joie, son audace ». Dans ce regard de père, la fête des pères devient moins une célébration qu'un rappel : celui d'une parentalité qui se construit dans l'acceptation, et d'un enfant qui, déjà, transforme le monde autour de lui.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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