Foot : les joueurs amputés de l'OM débutent le championnat

L'OM a lancé une section "amputés" en janvier 2025. Ses joueurs, marqués par la vie, entament leur championnat avec ambition. Une fierté pour le club de football, qui mise sur cette équipe comme sur ses pros.

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Les 7 joueurs de la section amputés de l’OM posent sur le terrain de foot.

Par Stanislas Touchot

Les accidents ou la maladie leur ont enlevé une jambe ou une main mais pas l'envie et le plaisir de jouer au football à haut niveau. Ce week-end, l'équipe de l'OM des amputés débute le championnat de France, à domicile.

La volonté d'être considérés comme des « valides »

En plein mistral, les joueurs marseillais répètent leurs gammes sur les pelouses de l'OM Campus. Coups de pied arrêtés, toros, opposition sur terrain réduit et vannes entre équipiers, il n'y a au fond que le son des béquilles qui claquent pour rappeler que la séance n'est pas complètement comme les autres. « À quelques règles près, c'est vraiment la même chose que le foot. Et c'est ce que veulent mes joueurs, être considérés comme des valides. Donc je fais totalement abstraction de leur handicap », explique à l'AFP Karim Belounis, le coach de cette formation lancée en janvier par l'OM, seul club de L1 avec le Paris FC à avoir une section pour amputés.

Une place à part entière au sein du club

Cette équipe « fait partie de notre identité, de ce que nous voulons construire avec Treizième homme (le programme social et sociétal de l'OM, ndlr) et l'ensemble des composantes du club », assure de son côté le président de l'OM Pablo Longoria. « Comme les sections professionnelles féminine et masculine, comme les jeunes, ces joueurs font pleinement partie du club. Ils portent nos couleurs avec fierté et dignité et en sont de fidèles représentants », ajoute-t-il.

Des parcours marqués par l'épreuve

Parmi ceux qui représenteront l'OM les 29 et 30 novembre 2025 pour l'ouverture du championnat, qui se joue à sept contre sept, l'un a été blessé par balles en opération militaire au Mali, l'autre a eu un accident de motoculteur, deux ont été renversés par des voitures, le gardien titulaire est né sans main droite et un autre encore a choisi lui-même l'amputation après des années de souffrance à un genou.

Du foot au haut niveau avant le handicap

Avant ces accidents de la vie, la plupart avaient joué au foot à bon voire haut niveau, comme le capitaine Jérôme Raffetto, qui a évolué en L2 avec Cannes. « Mes idoles étaient Papin, Waddle et Pelé. J'étais supporter de l'OM et j'avais dans un coin de la tête d'y jouer un jour. Alors être aujourd'hui dans ce club, c'est vraiment une fierté », raconte celui qui a perdu sa jambe gauche à 25 ans, fauché par une voiture sur le parking d'une pharmacie.

Sur ses béquilles, et à 45 ans, Raffetto va moins vite que dans ses meilleures années de joueur. Mais lors de l'opposition de fin de séance, les U15 des « Minots de Marseille », club partenaire de l'OM, réalisent que son toucher de balle, sa qualité de contrôle et ses feintes sont restés intacts. « Tout ce qui est un peu technique avec les béquilles, la course, les déplacements, la façon de les positionner pour frapper, il a fallu l'apprendre et s'entraîner énormément. Mais avoir joué à un certain niveau simplifie les choses », explique-t-il.

Un sport thérapeutique

Passé par le centre de formation de Nîmes, Romain Abellan s'est lui aussi rapidement adapté au football avec béquilles après son amputation en 2021. « Ça n'était pas envisageable pour moi de quitter le football », assure-t-il. « J'appelle ça une thérapie. Ça m'a permis de garder la tête haute et de rester fort. Si je n'avais pas connu ce sport, je n'aurais peut-être pas vécu le handicap et l'amputation aussi bien », ajoute le Biterrois.

Du terrain à la reconstruction

Mais pour d'autres, comme l'attaquant Ali Katasse, le chemin a été tortueux. « Après mon amputation, on ne pouvait pas me parler de football. C'était trop récent, je devais faire le deuil », explique-t-il. Et même une fois lancé, rien n'a été simple. « Honnêtement j'ai ramé », sourit-il. « C'est comme réapprendre à marcher. Tactiquement et footballistiquement, on a des repères. Mais avec les béquilles c'est autre chose. »

Professionnalisation et rêve européen

Aujourd'hui pourtant, les progrès sont évidents. « On travaille énormément, avec des fréquences d'entraînement de plus en plus régulières. Les joueurs se sentent vraiment comme des professionnels, à notre humble niveau », assure ainsi Karim Belounis. Et pour Romain Abellan, l'objectif est clair : « finir premiers du championnat et aller en Ligue des champions représenter comme il faut l'écusson ». Cet écusson qu'ils regardent avec fierté et parfois un peu d'incrédulité au moment de se présenter : « Je suis Ali Katasse, j'ai 37 ans, et je suis l'avant-centre de l'Olympique de Marseille. »

© Olympique de Marseille – X

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