Français face au handicap: école inclusive et plus d'aides !

85% des Français se disent favorables à une solidarité renforcée envers les personnes handicapées et plébiscitent l'inclusion scolaire des élèves avec un handicap... surtout moteur ! PCH, AAH, école... Oui, mais jusqu'à quel point ?

23 janvier 2017 • Par

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85% des Français favorables à une solidarité renforcée envers les personnes handicapées… C'est en tout cas ce qu'ils déclarent dans le baromètre d'opinion « Handicap, dépendance et pauvreté : les Français solidaires des plus vulnérables », (Études et Résultats, n°990, Drees, janvier 2017, en lien ci-dessous). Ils se disent, dans l'ensemble, satisfaits du système de protection sociale, et une majorité soutient l'État dans sa mission de solidarité. Toutefois, le coût du système est jugé excessif. Les Français sont partagés entre le maintien du niveau des dépenses de protection sociale et la réduction des déficits publics. Malgré cette préoccupation, leur solidarité envers les personnes en situation difficile, et notamment handicapées, reste très marquée.

Handicap : un revenu supérieur

Moins de la moitié (44%) estime que la société se donne les moyens d'intégrer les personnes handicapées. À ce titre, 85% jugent qu'il est normal qu'une personne handicapée ait un revenu minimum supérieur à une personne non handicapée (comme les titulaires du RSA), contre 15% seulement pour qui les minima sociaux devraient être les mêmes pour tous. Fin 2015, on dénombre, en France métropolitaine, 1 060 000 allocataires de l'AAH (allocation adulte handicapé) dont le montant maximal est de 808,46 euros pour une personne seule sans ressources, soit un montant supérieur à la plupart des minima sociaux comme le RSA ou l'allocation de solidarité spécifique (ASS).

La PCH pas pour tous…

En revanche, les Français sont nettement plus partagés sur l'attribution d'aides à toutes les personnes handicapées, quel que soit leur revenu : 54% d'entre eux estiment que les aides financières pour compenser les surcoûts liés au handicap devraient être réservées aux seules personnes disposant de faibles revenus. En pratique, hormis l'AAH qui est un minimum social, la principale prestation pour compenser les surcoûts liés au handicap, la Prestation de compensation du handicap (PCH), est versée sans condition de ressources aux personnes ayant des difficultés dans la réalisation d'activités quotidiennes, âgées de moins de 60 ans au moment de la première demande, résidant en France, mais est légèrement modulée selon le revenu. Si les ressources annuelles du ménage dépassent un seuil (26 500 euros), une participation est demandée au ménage, équivalente à 20 % du montant de la prestation.

Oui à la scolarité en milieu ordinaire

Ce baromètre a également permis de faire un focus sur l'inclusion des enfants à besoins spécifiques. La question portait sur leur scolarisation en milieu ordinaire en fonction de différents handicaps : la cécité, la trisomie, l'autisme et le handicap moteur. Même si la France a fait le choix de promouvoir l'inclusion des enfants handicapés à l'école, elle conserve néanmoins un secteur spécialisé important malgré un nombre croissant de passerelles entre les deux. Les Français se prononcent donc en majorité en faveur de cette voie mais des écarts signifi­catifs se manifestent selon le handicap. La quasi-totalité (95%) estime que les enfants en fauteuil roulant devraient être scolarisés avec les autres. Cette proportion est moindre pour les enfants aveugles : 73%. Et en cas de déficiences mentale et cognitive (trisomie et autisme), même si cette opinion reste majoritaire, elle s'avère néanmoins plus « tempérée » : 65% pour l'inclusion des enfants atteints de trisomie et 62% pour celle des enfants autistes.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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