Inclusion et handicap à l'école : le climat se tend

Face à la dégradation du climat scolaire et aux tensions liées à l'inclusion des élèves en situation de handicap mal accompagnée, le SE-Unsa réclame un plan d'urgence : formation, hausses de décharges et protection fonctionnelle systématique.

• Par
un parent se dispute avec la directrice d'une école

Plus il y a d'enfants à besoins éducatifs particuliers dans une école, moins le climat scolaire est bon, selon une étude présentée mardi 16 juin 2026 par le syndicat SE-Unsa, qui ne remet pas en question le principe mais demande plus d'accompagnement humain.

« Dans les écoles où plus de 20% des élèves ont des besoins particuliers, 47% des directeurs seulement décrivent un climat scolaire excellent/bon contre 68% lorsque le taux » de ces élèves « est égal ou inférieur à 5% », résume dans un communiqué le syndicat, qui a interrogé en ligne 2.810 directeurs d'écoles primaires publiques entre mai et décembre 2025.

« Plus il y a d'enfants à besoins éducatifs particuliers dans une école, moins le climat scolaire est bon, moins la qualité des relations est bonne », a assuré en conférence de presse Georges Fotinos, auteur de l'étude, qui y voit une « corrélation ».

Une inclusion mal accompagnée faute de moyens

Selon Johanna Cornou, référente direction d'école du SE-Unsa, « cela ne remet en aucun cas en cause l'inclusion à l'école, mais ça montre les effets d'une inclusion qui est mal accompagnée, faute de moyens ».

Faute à ce « facteur de tension », le syndicat réclame l'embauche d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) supplémentaires, notamment.

Explosion des différends et hausse des violences

Le syndicat, qui avait réalisé une étude comparable en 2013, affirme par ailleurs que « les différends explosent » entre directeurs d'école et parents : huit directeurs sur dix disent rencontrer un différend en 2025, contre quatre sur dix en 2013.

Les violences progressent également, avec un directeur sur deux déclarant avoir subi des insultes (23% en 2013), six sur dix des menaces (27%) et 2,5% une agression physique (0,7%).

La confiance envers les directeurs « se fragilise », 81% d'entre eux disant que les parents leur font confiance, contre 96% en 2013.

La fuite vers le privé comme moyen de chantage

Les parents remettent moins en cause la pédagogie dans les écoles du réseau prioritaire (16%), que hors des REP et REP+ (34%), selon les réponses des directeurs.

Nouvelle source d'inquiétude par rapport à 2013, le « chantage » des parents au départ vers un établissement privé, dont un directeur sur deux dit avoir à faire face.

Ce genre de « chantage » intervient quand une famille veut faire sauter une classe à son enfant, et que l'école publique refuse, ou que les parents ont la « fausse impression » qu'il y aura moins d'absences de professeurs dans le privé, rapporte Mme Cornou.

Les revendications syndicales face à la crise

Le syndicat appelle le ministère à un plan de formation à la relation avec les familles, une augmentation des décharges pour les directeurs, et l'octroi « systématique » de la protection fonctionnelle notamment.

©Image générée par IA / Canva

Partager sur :
  • LinkedIn
  • Facebook
  • Blue sky
  • Twitter
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© (2026) Agence France-Presse.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations ».
Commentaires0 Réagissez à cet article

Thèmes :

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.