Alors que la recherche continue d'explorer des voies thérapeutiques ciblées comme la luminothérapie, la stimulation cérébrale non invasive ou encore les ultrasons focalisés, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle l'urgence d'agir en amont. Elle a publié en juillet 2026 de nouvelles recommandations basées sur des chiffres probants : jusqu'à 45 % des risques de déclin cognitif et de démence pourraient être prévenus ou retardés en agissant sur des facteurs « modifiables » tout au long de la vie. Une annonce majeure alors que plus de 57 millions de personnes vivent avec une démence dans le monde et que près de 10 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La maladie d'Alzheimer représente, à elle seule, 60 à 70 % des démences.
Au-delà de l'aspect humain, l'impact financier est colossal : l'OMS évalue le coût économique mondial à 1 300 milliards de dollars par an, dont la moitié repose sur l'aide informelle apportée par les proches aidants. « Nous disposons aujourd'hui de plus d'informations que jamais sur les origines de la démence, et ces lignes directrices traduisent ces connaissances en actions », déclare le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS.
Les facteurs de risque à surveiller
Ces recommandations actualisent celles publiées en 2019 en intégrant les dernières preuves scientifiques. L'OMS insiste sur la nécessité de lutter contre le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, l'inactivité physique, l'isolement social, mais aussi de mieux prendre en charge l'hypertension artérielle, le diabète ou l'hypercholestérolémie. Grande nouveauté : la pollution de l'air fait désormais officiellement partie des facteurs de risque sur lesquels il convient d'agir. L'organisation recommande également de traiter les troubles de l'audition, notamment grâce aux aides auditives lorsque cela est indiqué, celles-ci pouvant contribuer à préserver les capacités cognitives. En revanche, faute de preuves suffisantes, elle ne recommande pas la prise systématique de compléments alimentaires (oméga-3, vitamines B et E ou multivitamines) chez les personnes ne présentant pas de carence diagnostiquée.
Prévenir la démence, un enjeu de santé publique
Le message de l'OMS est clair : la prévention commence bien avant les premiers troubles de la mémoire. Pratiquer une activité physique régulière, adopter une alimentation équilibrée, maintenir une vie sociale active, stimuler ses capacités cognitives par la lecture, les jeux ou l'apprentissage, contrôler sa tension artérielle et sa glycémie, protéger son audition et limiter son exposition à la pollution constituent autant de leviers concrets. Sans promettre d'éliminer toutes les démences, ces mesures pourraient permettre à des millions de personnes de vieillir plus longtemps en conservant leur autonomie et leur qualité de vie.
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