Un petit pont, un crochet, une frappe de l'extérieur du pied droit… et Strasbourg explose. À la 11e minute de la finale de l'Euro 2026 de cécifoot, Frédéric Villeroux a une nouvelle fois sorti le geste qui fait basculer les grands rendez-vous. Son but, unique de la rencontre, offre à la France une victoire 1-0 face à l'Angleterre et un quatrième titre européen. Le capitaine, déjà auteur d'un quadruplé contre ces mêmes Anglais en phase de groupes (4-1), a encore porté les Bleus au sommet. « C'était un match d'équipe, on a été très performants. Offensivement, on aurait pu marquer plus mais le but du jeu, c'est de gagner. 1-0, ça suffit ! », a savouré le héros français après la rencontre au micro de France TV.
De Paris 2024 à Strasbourg, le cécifoot change d'échelle
Le succès dépasse toutefois le simple cadre sportif. Deux ans après leur titre paralympique décroché à Paris, les Bleus ont retrouvé une enceinte pleine pour cette finale organisée à Strasbourg, au sein d'un stade éphémère monté face au Parlement européen. Un contraste saisissant avec le quotidien du cécifoot français : avant cet Euro, Frédéric Villeroux rappelait que certaines rencontres de championnat se disputaient parfois devant « 20 personnes autour du terrain » (Cécifoot : la Coupe de France fait son retour). À Strasbourg, les tribunes ont au contraire affiché complet et plus de 1 000 spectateurs ont assisté à la finale. Dès le premier match de la compétition, la France avait attiré environ 2 millions de téléspectateurs, signe que l'engouement né des Jeux de Paris 2024 ne retombe pas. Le président de la République, Emmanuel Macron, a lui-même réagi sur X : « Deux ans après l'or paralympique à Paris, nos Bleus du cécifoot sont de nouveau au sommet. Champions d'Europe encore ! Du talent, du courage, un collectif exceptionnel. Vous rendez la France fière ».
Une vitrine pour le handicap visuel
Sur le terrain, le spectacle repose sur une règle aussi étonnante qu'essentielle : le silence du public pendant les phases de jeu. Le ballon, rempli de grelots, permet aux joueurs avec un handicap visuel de se repérer à l'ouïe, tandis que les appels du gardien et du guide placé derrière le but complètent leurs repères. Cette discipline spectaculaire, longtemps confidentielle, bénéficie désormais d'une visibilité nouvelle. « J'espère que l'engouement va continuer pour le parasport, que les médias continueront de s'intéresser à nous et que les personnes en situation de handicap soient mieux vues », a lancé Frédéric Villeroux après le sacre sur France TV. Une ambition qui fait écho au travail mené depuis Paris 2024 pour prolonger l'effet des Jeux : six mois après les Paralympiques, Handicap.fr avait notamment donné la parole à plusieurs médaillés, dont les cécifootballeurs Martin Baron et Tidiane Diakité, pour mesurer ce que cette médaille d'or avait changé dans leur quotidien (Vidéo : médaillés paralympiques, que sont-ils devenus?)).
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