Au coup de sifflet final de la coupe du monde de football 2026, le 19 juillet, les couleurs rouge et jaune hispaniques ont envahi la pelouse du MetLife Stadium de New York. Autour des joueurs victorieux de l'équipe nationale espagnole contre l'Argentine, les familles ayant fait le déplacement outre-Atlantique. Parmi elles, Olivia Rodriguez, épouse du défenseur de la Roja Marc Cucurella, soulève la glorieuse coupe, accompagnée de ses trois enfants, dont Mateo, six ans, qui n'apparaît pourtant que très rarement dans les stades. Et pour cause, le petit garçon, diagnostiqué autiste à treize mois, fuit la foule.
« Personne ne nous apprend à être parents d'un enfant autiste »
Une information relayée par le couple en 2025, lors de l'émission « Married to the Game qui met en lumière la vie des compagnes des footballeurs de Premier League. « Nous avons remarqué quelque chose de différent chez Mateo lorsqu'il avait environ 13 mois. Mais obtenir un diagnostic a été un processus très long. Quand il était plus petit, c'était plus simple. Mais en grandissant, c'est devenu plus difficile », affirme le footballeur qui évolue désormais au Real Madrid. Mateo ne parlait pas, évitait le regard et ne parvenait pas à s'adapter à son premier établissement scolaire. « On le déposait à l'école et on rentrait en pleurant », confie le couple. Le défenseur espagnol évoque en larmes le sentiment d'impuissance qui accompagne souvent les parents : « Personne ne vous apprend à être parent. Avec un enfant autiste, il faut apprendre une autre manière de communiquer et de comprendre ses besoins. » Un témoignage rare dans le football professionnel, où les questions de handicap restent encore peu abordées.
Dans plusieurs autres interviews récentes, il confie que ses décisions sportives sont désormais guidées par un impératif familial : offrir à son enfant le meilleur accompagnement possible. « L'une des premières choses que nous regardons lorsqu'un club s'intéresse à moi, c'est si la ville propose des écoles et des thérapies adaptées pour notre fils », explique-t-il. Une priorité qui, assure-t-il, peut même le conduire à renoncer à un transfert. « Je n'irai dans aucun club si je ne peux pas y trouver les solutions dont il a besoin. »
Une parole qui fait évoluer le regard sur l'autisme
Ces confidences ont trouvé un large écho sur les réseaux sociaux, où de nombreux parents d'enfants autistes saluent un discours sincère, loin des clichés. En évoquant les difficultés du quotidien, mais aussi les progrès de son fils, Marc Cucurella contribue à rendre visible une réalité que vivent des milliers de familles. Son émotion, notamment lors d'un échange avec le jeune créateur de contenus autiste Pau Brunet, a marqué les esprits et rappelé que l'autisme concerne aussi des personnalités publiques, confrontées aux mêmes interrogations que les autres parents. « Cela me fait souffrir car, parfois, je ne sais pas comment l'aider », déplore le jeune père de 27 ans. Et d'ajouter : « Je constate que beaucoup ont peur de s'exprimer ou d'aborder certains sujets plus intimes, de montrer au monde que nous ne sommes pas parfaits, que nous avons tous nos problèmes ».
Le handicap s'invite enfin dans le monde du football
Le message de Cucurella dépasse le cadre sportif : il rappelle que l'accès à des diagnostics précoces, à des écoles adaptées et à des thérapies spécialisées peut conditionner toute une vie familiale. Une visibilité précieuse, alors que de nombreuses familles continuent de se heurter à des listes d'attente, à des inégalités territoriales et à un manque de solutions d'accompagnement. Sur les terrains comme en dehors, le champion espagnol démontre qu'il est possible de faire de sa notoriété un levier de sensibilisation.
©Claudia Rodríguez – capture écran Instagram


