« Avant chaque rendez-vous médical, c'est toujours le même problème. Je ne sais jamais si je vais pouvoir rentrer dans le cabinet. Est-ce qu'il y a une marche à l'entrée, un ascenseur assez large, une place de parking adaptée… Bref, ces questions, c'est mon quotidien depuis des années. » C'est, partant de ce constat, que Virginie Dubost, influenceuse en situation de handicap, contacte la plateforme médicale Doctolib en 2024.
« Elle avait obtenu un rendez-vous médical, mais s'est retrouvée dans l'impossibilité d'entrer dans le cabinet : une marche, une porte trop étroite, aucune information disponible en amont pour savoir si le lieu était adapté. Son témoignage a nourri une réflexion plus large sur l'accès réel aux soins pour les personnes en situation de handicap ou de mobilité réduite », reconnaît l'entreprise française fondée en 2013 (entre autres) par Stanislas Niox-Château, lui-même concerné par une situation de handicap, le bégaiement. « Nous voulons permettre à nos utilisateurs soignants de communiquer simplement les informations qui comptent pour accueillir au mieux leurs patients », explique Bettina Reveyron, directrice de l'impact social de Doctolib.
Une information d'accessibilité encore trop absente dans le parcours de soins
Pour répondre à cet enjeu, Doctolib invite désormais ses 520 000 soignants utilisateurs en France, en Allemagne et en Italie – puisque la plateforme est disponible en Europe depuis 2016 - à compléter leur profil d'accessibilité « en moins de deux minutes ». Les informations recueillies seront intégrées à la recherche de professionnels de santé à partir de fin 2026. Cette initiative vise à combler un manque important : aujourd'hui, les patients disposent rarement d'informations fiables sur l'accessibilité d'un cabinet avant de s'y rendre.
En Europe, près de 90 millions de personnes vivent avec un handicap. En France, selon la DREES, 15 % des personnes de 16 à 64 ans en situation de handicap ont renoncé à des soins médicaux en 2022, contre 7 % de l'ensemble de la population. La démarche concerne aussi des publics plus larges, comme les personnes âgées utilisant un déambulateur, les parents avec une poussette ou les personnes temporairement limitées dans leurs déplacements.
Une grille construite avec les patients pour améliorer l'orientation
La plateforme a travaillé avec des patients, des professionnels de santé et des acteurs spécialisés comme Accès Libre, Santé.fr et APF France Handicap afin de définir une grille de critères correspondant aux besoins du terrain. Celle-ci porte notamment sur l'accès au bâtiment, la présence d'un ascenseur, la largeur des passages, les places de stationnement adaptées, les équipements nécessaires à l'examen (tables d'examen réglables, aides au transfert) ou encore l'accueil des personnes ayant une déficience sensorielle. Doctolib précise que ces données restent déclaratives et ne constituent pas une certification, mais qu'elles représentent « un point de départ » destiné à évoluer grâce aux retours des patients et des associations. Pour impulser la démarche auprès de la communauté médicale, une campagne de sensibilisation est soutenue par des figures engagées dont Virginie Dubost, le champion paralympique Michaël Jeremiasz, ainsi que la sage-femme Anna Roy et la Docteure Marie Msika-Razon.
Concrètement, les soignants peuvent dès aujourd'hui renseigner ces informations sur leur espace Doctolib, afin que les patients puissent demain identifier plus facilement un cabinet compatible avec leur situation et préparer leur parcours de soins avec davantage de sérénité.
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