Migraine : dans l'enfer estival de ce handicap invisible

Loin de l'image des vacances idéales, l'été peut devenir une épreuve pour les personnes migraineuses. L'enquête 2025 de La Voix des Migraineux décrit un handicap invisible majeur, qui bouleverse la vie sociale et familiale, même sous le soleil.

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Une femme se tient la tête

« Pour beaucoup de personnes migraineuses, l'été n'est pas synonyme de répit », affirme Sabine Debremaeker, présidente de La Voix des Migraineux. La migraine ne se résume pas à une douleur passagère, encore moins lorsque les beaux jours arrivent. C'est une maladie chronique neurologique, souvent invalidante, qui s'impose dans tous les pans du quotidien. D'après la grande enquête 2025 de l'association, menée auprès de 1 095 personnes, 91 % des répondants estiment que la maladie a un impact majeur sur leur qualité de vie. Un chiffre qui rappelle l'ampleur d'un handicap invisible encore largement minimisé dans les représentations sociales et parfois même dans le champ médico-social.

Une vie sociale fortement amputée

Sortir, voir ses proches, partager un repas, profiter du soleil, aller à un concert : autant d'activités ordinaires que la migraine rend parfois impossibles, surtout en saison estivale.  « La chaleur, la lumière, le bruit peuvent aggraver les crises et rendre le quotidien encore plus difficile », rappelle Sabine Debremaeker. L'enquête montre que 72 % des personnes interrogées ont renoncé à des sorties entre amis, 53 % à des moments en famille, 46 % aux restaurants et 37 % au cinéma. Au-delà des activités, c'est le lien social lui-même qui s'effrite : 53 % des répondants disent se sentir isolés et 52 % avoir le sentiment d'être un poids pour leurs proches. Une réalité qui interroge la place des personnes handicapées dans la société et la reconnaissance de cette maladie chronique.

Des troubles cognitifs invisibles mais handicapants

Autre enseignement majeur : les troubles cognitifs associés à la migraine, encore trop peu pris en compte. Entre les crises, 54 % des répondants déclarent des difficultés d'attention, 48 % des troubles de la mémoire et 34 % des problèmes d'organisation. Des symptômes invisibles mais bien réels, qui renforcent l'exclusion, notamment dans la vie professionnelle et sociale. En pleine crise, ces difficultés s'aggravent encore, accentuant le caractère handicapant de la maladie.

Une charge émotionnelle lourde et durable

La migraine s'accompagne aussi d'une forte détresse psychologique. Près de 29 % des répondants disent se sentir très souvent inutiles pour la société, et 16 % rapportent des idées noires fréquentes en dehors des crises, un chiffre qui grimpe à 52 % pendant les épisodes douloureux. « Il est urgent de mieux écouter les patients pour construire une prise en charge réellement adaptée et favoriser l'inclusion dans l'emploi et à l'école », alerte Sabine Debremaeker.

© dragana991 de Getty Images / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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