« Deux études montrent que les enfants circoncis précocement ont un taux d'autisme deux fois plus élevé. C'est très probablement dû au fait qu'on leur a administré du paracétamol. » Prononcée en octobre 2025 par le ministre américain de la Santé, Robert Kennedy Jr, cette déclaration a largement circulé sur les réseaux sociaux. Mais résiste-t-elle à l'épreuve des faits ? Dans ce quatrième épisode de notre série de fact-checking vidéo sur l'autisme, la réponse est claire : non.
« Il n'y a aucun lien entre la circoncision et un trouble du neurodéveloppement. Et je ne vois pas non plus de lien entre le paracétamol, qui est un antidouleur très courant, et l'autisme », rappelle Chams-Ddine Belkhayat (Chams-Ddine Belkhayat, "J'ai 1 truc à te dire"), père d'un enfant autiste, directeur de l'association AFG autisme. À ce jour, aucun consensus scientifique international ne valide cette hypothèse.
Une étude isolée ne fait pas une vérité scientifique
Pourquoi ces affirmations continuent-elles d'être relayées ? « Quand on cherche, on trouve toujours une petite étude. Mais ce n'est pas comme cela que la science se construit », insiste Marie-Maude Geoffray, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent et du développement, à l'hôpital du Vinatier à Lyon. Une hypothèse doit être reproduite, confirmée par plusieurs équipes indépendantes et validée par un ensemble de travaux avant d'être considérée comme solide. Le risque est d'autant plus grand lorsque des responsables politiques s'emparent de résultats préliminaires ou d'interprétations contestées. « Il faut faire attention à la manière dont une hypothèse scientifique est dévoyée pour faire passer un message. Cela crée de faux espoirs chez les familles et nourrit des croyances néfastes », alerte Marie-Maude Geoffray.
Des familles encore culpabilisées par les fausses croyances
Au-delà de la désinformation, ces discours ont des conséquences bien réelles. Ils alimentent la culpabilité de parents qui cherchent une explication au diagnostic de leur enfant. « C'est une fois de plus renforcer la culpabilisation de mères qui auraient pris du paracétamol pendant la grossesse ou qui en auraient donné à leur enfant », déplore la psychiatre.
Dans certains pays, ces croyances vont jusqu'à justifier des pratiques de « démaraboutage » visant à prétendument guérir les enfants autistes. Une dérive qui détourne les familles d'un accompagnement adapté. « Il faut sensibiliser à la neurodiversité. Comme nous avons des yeux ou une couleur de peau différents, nous pouvons aussi avoir un cerveau qui fonctionne différemment. Cela ne fait pas de nous des personnes inférieures, simplement des personnes différentes. » Un message essentiel pour lutter contre les idées reçues et replacer le débat sur le terrain des preuves scientifiques plutôt que des croyances.



