AAH : plus 50 euros en 2018 puis 40 en 2019

Le verdict vient de tomber à Matignon. L'AAH à taux plein augmentera de 50 euros par mois en 2018 puis de 40 euros en 2019. L'info a été dévoilée par Edouard Philippe à l'occasion du 1er comité interministériel du handicap le 20 septembre 2017.

20 septembre 2017 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

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L'augmentation de l'Allocation adulte handicapé (AAH) à taux plein atteindra un maximum de 90 euros par mois mais pas avant 2019. Cette hausse se fera en deux temps, avec une première augmentation de 50 euros dès novembre 2018 et une seconde de 40 euros à partir de novembre 2019.  L'allocation sera donc de 860 euros au 1er novembre 2018 et de 900 euros au 1er novembre 2019. Elle sera réindexée le 1er avril de chaque année.  Une « douche froide » pour la Fnath (accidentés de la vie) qui a réagi dans un communiqué, devant les « 14 mois à attendre ». Cette info que tous attendaient depuis l'arrivée du gouvernement d'Emmanuel Macron en mai 2017 a été dévoilée par Edouard Philippe le 20 septembre 2017 ; il réunissait à Matignon quelques ministres concernés par la question du handicap à l'occasion du premier Comité interministériel du handicap (CIH) de son quinquennat. Selon le Premier ministre, cela représente "un effort supplémentaire de deux milliards d'euros sur le quinquennat".

En deux étapes

Cette revalorisation devrait permettre à 34 000 nouveaux allocataires de percevoir l'AAH. Augmenter l'AAH d'une centaine d'euros était l'une des promesses du candidat Macron qui avait déclaré, durant sa campagne, vouloir faire du handicap l'une de ses priorités. L'AAH est à ce jour de 810,89 euros. « Le président de la République a souhaité que l'on aille très vite sur la revalorisation de l'Allocation adulte handicapé et que nous ne soyons pas dans un étalement dans le temps à l'échelle du quinquennat », avait par ailleurs déclaré Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat en charge du handicap, lors de sa première allocution devant les membres du CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées) le 19 juin 2017. Il y aura pourtant deux étapes, ce que redoutaient les personnes et associations concernées (article en lien ci-dessous).

Sous le seuil de pauvreté

Même si ce coup de pouce booste le montant de l'AAH qui n'avait augmenté que d'une cinquantaine d'euros durant le quinquennat Hollande, ses bénéficiaires continuent de réclamer une allocation au moins égale au seuil de pauvreté fixé à 1 008 euros en France. L'Association des paralysés de France (APF) demande même l'équivalent du SMIC, soit 1 153 euros net en 2017. Ils sont surtout vent debout en faveur d'un revenu individuel qui serait désindexé des revenus du conjoint (ils sont pris en compte dans le calcul de l'AAH et, dès lors que les revenus du conjoint sont supérieurs à 2 000 euros, l'allocataire perd son AAH), ce qui contraint certains couples à vivre leur relation dans la dépendance, la clandestinité ou à y renoncer. Ce « prix de l'amour » nourrit, depuis de nombreuses années, l'amertume des ayants-droits. Un autre combat que les parties concernées ne semblent pas prêtes à lâcher, d'autant que l'APF (Association des paralysés de France) a estimé auprès de l'AFP qu'« avec la nouvelle façon de prendre en compte les revenus du conjoint, un quart des bénéficiaires vont voir leur AAH baisser » .    

En effet, selon le dossier de presse, « les règles d'appréciation des revenus des bénéficiaires de l'AAH vivant en couple seront rapprochées en deux temps de celles des autres minima », tels les bénéficiaires du RSA, moins avantageuses. Matignon affirme toutefois que l'impact de cette mesure sera « neutralisé »par la hausse de l'AAH.   « Le gouvernement va prendre d'une main ce qu'il donne de l'autre », a protesté la Fnath. En outre, selon l'APF, 240 000 personnes vont perdre 70 euros par mois avec la fusion « de deux autres prestations, la majoration pour vie autonome et le complément de ressources ».

« On peut faire mieux »

Balayant d'avance les déceptions, Edouard Philippe a insisté sur les autres sujets abordés lors de ce comité pour   « améliorer la vie de tous les jours » des personnes handicapées : accueil et accompagnement tout au long du parcours, de la crèche à l'université, insertion professionnelle, logement, accès aux soins et à la prévention, aux sports et à la culture. « Des progrès ont déjà été réalisés » mais « on peut faire mieux », a-t-il assuré. Insistant sur l'implication de tous les membres de son gouvernement, il a affirmé qu' « aucun ministère » ,« aucune personne publique », ne peut « se dispenser de participer à l'effort ».

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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