Enfants autistes : 44 idées pour la prise en charge

Face à un système français à bout de souffle, une mission parlementaire dévoile 44 propositions pour transformer la prise en charge de l'autisme chez les enfants, en misant sur le dépistage précoce et la formation des professionnels.

• Par
portrait d'un enfant

Face à la « situation intolérable » vécue par les enfants atteints de troubles du spectre de l'autisme (TSA) en France et leurs familles, une mission parlementaire préconise 44 « recommandations » s'inspirant notamment de programmes fonctionnant à l'étranger, afin de changer un « système à bout de souffle ».

« La France accuse un énorme retard par rapport aux pays les plus avancés » en matière de prise en charge des enfants autistes (1 à 2% de la population), affirme à l'AFP Isabelle Santiago, députée (PS) du Val-de-Marne, et l'une des deux rapporteurs de la mission présentée mercredi 27 mai 2026 à la Délégation aux droits des enfants de l'Assemblée nationale.

Un système français jugé obsolète

La France a été condamnée à plusieurs reprises (2003, 2008, 2014 et 2023) par le Comité européen des droits sociaux, notamment sur l'accès à l'éducation et à la formation des enfants et jeunes adultes atteints de TSA.

Évoquant une « situation intolérable (...) dans un pays enfermé dans des logiques anciennes de guerre de chapelles et un fonctionnement en silos », la députée explique s'être inspirée de la Belgique et du Canada, où ont été mises en place « des politiques intégrées, au fur et à mesure que la connaissance et la science progressaient » sur l'autisme.

Alors qu'en France, ajoute-t-elle, « on accumule depuis des années des "plans autisme"» (le 5e est en application jusqu'en 2027, ndlr), qui n'apportent pas de résultats suffisants.

« Toutes les familles et les associations, que Philippe Fait (député Horizons du Pas-de-Calais, l'autre rapporteur du texte, ndlr) et moi avons rencontrées, ont créé leur propre structure parce que la France ne savait pas répondre à leur demande », souligne Mme Santiago, pour qui le système actuel est « à bout de souffle ».

L'urgence du dépistage précoce

La mission, qui a mené une trentaine d'auditions et une dizaine de déplacements, préconise notamment la mise en place d'un « système pilote, à l'échelle des territoires, intégrant l'ensemble des professionnels en un seul lieu » pour éviter aux familles de « se lancer dans un parcours du combattant ».

Et ce, « avant même le diagnostic, dès qu'on constate des troubles du développement neurologique: c'est ce que j'appelle le volet  "agir tôt" », explique la députée, citant un programme développé au Québec, où « l'enfant est pris en charge avec sa famille et accompagné de ses 18 mois à ses 6 ans ».

Et les résultats sont là, selon elle: « il se crée une société inclusive autour de l'enfant, au lieu que ce soit l'enfant qui doive s'adapter à la société ».

Ce qui devra passer nécessairement par une amélioration de la « formation de tous les professionnels qui entourent les enfants pour un meilleur repérage des TSA », conclut-elle.

© Vika_Glitter de pixabay

Partager sur :
  • LinkedIn
  • Facebook
  • Blue sky
  • Twitter
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© (2026) Agence France-Presse.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations ».
Commentaires0 Réagissez à cet article

Thèmes :

 
0 commentaire

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.