S. El Haïry : Accompagner les parents aidants en entreprise

À l'occasion du salon Inclusiv'Day, la haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry a appelé les entreprises à mieux accompagner les salariés parents d'un enfant en situation de handicap.

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une maman en télétravail avec son enfant dans les bras

« Il y a encore quelque chose de très tabou autour du handicap de l'enfant » Pour Sarah El Haïry, le sujet des parents aidants reste aujourd'hui trop peu abordé. Présente au salon Inclusiv'Day le 1er octobre 2026 (Salon Inclusiv'Day : l'inclusion passe à la pratique), la haute-commissaire à l'Enfance a réalisé une intervention au sujet des salariés qui accompagnent un enfant en situation de handicap. L'INSEE estime que 25 % des salariés pourraient être aidants en 2030. Si on évoque souvent les personnes âgées, les enfants représentent 19 % des proches accompagnés par les 8 à 11 millions d'aidants en France d'après la DREES.

Une situation qui affecte très souvent la vie professionnelle des parents. Dans une étude de l'Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) de 2023, 41% des parents de personnes avec troubles du neurodéveloppement étaient à temps partiel et 57 % déclaraient se sentir seuls face à ce qu'ils vivent.

Un « pacte des entreprises alliées »

Pour répondre à cette réalité, Sarah El Haïry voudrait « faire de la France un pays pionnier des entreprises alliées des parents aidants », détaille-t-elle auprès de Handicap.fr. Son objectif : mettre en place un « pacte des entreprises alliées des parents aidants » qui s'articulerait autour de cinq garanties.

Première exigence : pouvoir parler librement de sa situation sans craindre de conséquences professionnelles. Cela passerait notamment par la formation des responsables RH. Deuxième axe : « disposer de son temps », par exemple grâce à un crédit d'heures, des horaires adaptés ou du télétravail si le poste le permet. Troisième enjeu : « limiter la double peine financière » lorsqu'un parent doit réduire ou interrompre son activité pour accompagner son enfant. Sarah El Haïry appelle ainsi les entreprises à compléter les dispositifs publics d'aides existants, de la même manière que certaines entreprises maintiennent un salaire intégral au moment du congé de naissance.

«Être aidant développe aussi des compétences»

La quatrième garantie consisterait à aider les salariés à trouver des solutions : accompagnement dans les démarches auprès de la MDPH, recherche de professionnels ou orientation vers les dispositifs existants. Enfin, la cinquième porte sur la protection de la carrière. « Être aidant développe aussi des compétences », souligne Sarah El Haïry, citant notamment l'organisation, l'empathie ou encore la négociation. « On devient un marathonien sans l'avoir choisi », estime-t-elle. Ces aptitudes devraient pouvoir, selon elle, être valorisées dans le monde de l'entreprise avec par exemple des évolutions professionnelles.

Passer du "respect de la loi" à "l'alliance"

Ce « pacte » ne serait pas une sorte de label ; Sarah El Haïry préfère parler d'un « mouvement » d'entreprises « qui se sentent alignées avec des valeurs qu'elles portent déjà, mais qui trouveraient là une manière très opérationnelle de les faire vivre ». « Mon objectif est de passer du respect de la loi ou de la tolérance à l'alliance » résume-t-elle.

Elle défend donc une approche volontaire, plutôt que contrainte par les textes réglementaires : « Le temps de la loi est long et l'entreprise n'a pas vocation à remplacer l'État. Elle peut être un véritable accélérateur. Être une alliée est d'abord une démarche volontaire ». Elle souligne néanmoins que le cadre légal reste indispensable, notamment pour lutter contre les discriminations ou encore pour réfléchir au statut de l'aidant au sens large. « L'État a son rôle, mais il ne peut pas tout faire sur cette problématique », résume-t-elle.

Fidéliser les salariés

Sarah El Haïry précise que l'accompagnement des parents aidants peut aussi présenter des avantages pour les entreprises. « Une entreprise qui comprend la réalité de votre vie et vous accompagne, y compris dans les moments d'incertitude, fidélise davantage les salariés », avance-t-elle. L'enjeu dépasse d'ailleurs les parents d'enfants en situation de handicap : « Ce qui peut être fait pour un parent aidant d'un enfant pourrait également s'appliquer aux salariés aidants de leurs propres parents. »

©Jacob Lund Photography

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Solène Alifat, journaliste Handicap.fr"
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