Santé mentale des salariés aidants : 3 leviers pour agir

Épuisement psychique, charge mentale, peur de se déclarer : la santé mentale des salariés aidants reste un angle mort en entreprise. Une enquête d'ISES publiée à l'occasion de la journée des aidants trois leviers pour agir.

• Par
une femme aide son collègue au bureau

« La charge mentale ne s'arrête pas à la porte du bureau. » Houria Mezemate, ancienne directrice générale de la Fondation Eméis, résume ainsi les difficultés rencontrées par les salariés aidants. Concilier activité professionnelle et accompagnement d'un proche a souvent un impact sur la santé mentale. Si le sujet des aidants prend de plus en plus sa place dans le débat public, les entreprises peinent encore à leur apporter un soutien adapté. (Aidants au travail : le grand silence) Dans un livre blanc, Info Service Employeurs et Salariés (ISES) met en lumière ce décalage, à partir d'une enquête menée auprès de 116 organisations françaises.

Des risques connus par les entreprises

L'étude de l'ISES part de ce constat : les employeurs reconnaissent les risques, mais ne s'estiment pas à la hauteur pour les prévenir. Le score calculé de risque perçu pour la santé mentale des salariés aidants atteint +32, tandis que l'efficacité du soutien proposé par les organisations est évaluée à -49. Ces scores ont été établis selon une méthode de type NPS (Net promoter score), un indicateur qui soustrait le pourcentage de personnes en désaccord à celui des personnes en accord avec la question posée.

Former les managers

Pour l'ISES « cet aveu est aussi la meilleure raison d'agir ». Si le constat est partagé par les entreprises, il ne reste qu'à passer à l'action. Le livre blanc propose ainsi 3 leviers pour améliorer la santé mentale des aidants en entreprises. La première solution se situe dans la formation des managers. Aujourd'hui la peur du jugement ou la crainte pour leur carrière poussent souvent les travailleurs concernés à taire leur situation.

4% ont une stratégie dédiée aux aidants

Le texte appelle en deuxième lieu à « mesurer pour piloter », dans le respect de la vie privée et du cadre légal avec le RGPD. Dans leur étude, plus d'une entreprise sur deux (53 %) déclare ne disposer d'aucune estimation du nombre de ses salariés aidants.

Le troisième levier serait de « porter le sujet au plus haut niveau avec un budget dédié ». Si 98 % des organisations interrogées proposent au moins une solution d'accompagnement psychologique, seules 44 % disposent d'une politique de santé mentale claire et formalisée et à peine 4 % ont mis en place une stratégie spécifiquement dédiée aux aidants. L'ISES estime ainsi que « l'aidance accuse près de 40 ans de retard sur le handicap ». Si 72 % des entreprises qui ont répondu à l'enquête ont un accord pour le handicap et 80 % un référent dédié, ces taux tombent à respectivement 36 % et 26 % pour l'aidance.

©Pexels

Partager sur :
  • LinkedIn
  • Facebook
  • Blue sky
  • Twitter
  • Google
"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Solène Alifat, journaliste Handicap.fr"
Commentaires0 Réagissez à cet article

Thèmes :

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.