La perte de la vue comme nouveau départ
"L'étendue des possibles s'est alors réduite à la mesure de la dévastation de mon champ visuel". C'est par ce constat que Sylvain Beaulieu débute son récit. Atteint de la maladie génétique de Leber, le réalisateur a dû réapprendre à habiter un monde devenu flou. Plutôt que de subir le handicap, il choisit de le mettre en scène à travers un "journal filmé" au téléphone portable. Ce long-métrage de 88 minutes ne cherche pas à simuler la malvoyance, mais à partager un regard singulier, parfois chancelant, où les accidents du quotidien se transforment en moments de grâce ou de dérision.
Une création collective et solidaire
Ce projet, soutenu notamment par l'UNADEV et la Région Nouvelle-Aquitaine, est le fruit d'une coréalisation avec Nicolas Contant. "Le désir de film est né d'une réflexion autour du clown", explique Sylvain Beaulieu, pour qui le jeu permet de s'émanciper de "l'étiquette handicap". Cette aventure humaine a mobilisé toute une équipe : de la monteuse Camille Fougère au compositeur Thibault Lefranc, faisant de ce "docu-drama" une œuvre collective où l'amitié et la fraternité agissent comme des moteurs de guérison.
Le son comme créateur de vision
Pour les spectateurs déficients visuels, le travail sonore est au cœur de l'expérience. "Le son ne doit pas seulement être au service de l'image, il doit donner à voir". Outre une spatialisation en 5.1 (technique de mixage sonore qui permet d'immerger l'auditeur dans un environnement sonore à 360 degrés )et une musique expressionniste, le film propose une version audiodécrite (VAD_Fr) réalisée par Marie Diagne et Sylvain Beaulieu. Cette voix "amie", loin d'être une simple béquille d'accessibilité, est pensée comme une véritable promesse de cinéma capable de réveiller "les yeux du dedans" de chaque spectateur, qu'il soit voyant ou non.
Sortie nationale et avant-premières
Après une tournée d'avant-premières au printemps 2026, notamment à Nantes, La Turballe ou encore Montreuil, la sortie nationale est fixée à octobre 2026. Ce film, véritable manifeste "antivalidiste", invite chacun à reconsidérer son rapport à la norme et à la performance pour retrouver un "point d'équilibre humain".
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