Un p'tit truc en plus : les secrets d'un succès humain

Après le carton en salles, le documentaire "Un p'tit truc en plus, bien plus qu'un film" est disponible sur M6+ depuis le 30 avril. Emmanuel Le Ber, son réalisateur, nous livre les coulisses d'une aventure qui change notre regard sur le handicap.

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Dès les premières images, le ton est donné. Derrière l'humour qui a fait le succès du film d'Artus, le documentaire creuse un sillon plus intime : celui du vivre ensemble. « C'est un thème qui m'est très cher », confie le réalisateur Emmanuel Le Ber. « Ce film parle aussi de comment on fait famille. » Un p'tit truc en plus, bien plus qu'un film, diffusé sur M6 deux ans tout pile après la sortie du film d'Artus (Un p'tit truc en plus : Artus filme le "handicap fantasy"), capte cette alchimie unique, loin des plateaux de tournage traditionnels. En France, où le handicap concerne près de 12 millions de personnes (soit un cinquième de la population), le film et son prolongement documentaire agissent comme un miroir tendu à la société : comment peut-on faire évoluer les choses et quel regard portons-nous réellement sur la différence ?

Artus, un « chef de bande » au grand cœur

Malgré les plus de 10 millions d'entrées dans les salles françaises, le succès n'était pourtant pas garanti. Artus a porté ce projet pendant dix ans, essuyant de nombreux refus avant de démarrer le tournage sans tous les financements. Sur place, l'humoriste a dû multiplier les casquettes. « Ce n'était pas simplement un réalisateur, c'était un chef de bande, un chef de colo, un grand frère », explique Emmanuel Le Ber. Une logistique très réglementée a été mise en place pour respecter le rythme des acteurs : pas de dépassements d'horaires, une souplesse face à la fatigue et une attention constante pour ne pas épuiser le casting. Cette humanité transparaît dans chaque image, transformant les contraintes techniques en moments simples et spontanés.

Comment éviter le misérabilisme et l'héroïsation ?

Comment parler du handicap sans tomber dans les clichés ? C'est le défi qu'a relevé Emmanuel Le Ber en posant à son tour sa caméra « à 360 degrés » sur le quotidien des acteurs et de leurs familles. « Je voulais être le plus sincère possible pour éviter certains écueils », souligne le réalisateur. Le documentaire donne une voix essentielle aux aidants, souvent invisibles. Le réalisateur se souvient avec émotion d'un tournage chez la maman d'Arnaud (l'un des acteurs), qui, malgré une nouvelle difficile sur la santé de son fils, a tenu à maintenir la rencontre : « Arnaud est vraiment trop content de faire ce tournage ». Une preuve que, pour ces familles, le film est une parenthèse enchantée et une reconnaissance attendue.

Un film devenu outil de sensibilisation

Initialement composé d'heures de rushs destinés au « off », ce documentaire a finalement changé de direction. Très vite, le making-of dépasse son cadre initial. Festivals, montée des marches à Cannes, passage à l'Élysée… Le film suit une trajectoire inattendue. « On s'est demandé : qu'est-ce qu'on en fait ? Et surtout, comment raconter ça ? ».

La réponse tient en un mot : immersion. Caméra à l'épaule, Emmanuel Le Ber s'invite dans l'après-film, filme les trajectoires, questionne : que sont-ils devenus ? « J'espère que ce documentaire apporte sa pierre à l'édifice », conclut le réalisateur. Un pari réussi pour ce (deuxième) film qui, en plus de faire rire, soigne notre rapport à l'autre.

©M6

Affiche du film documentaire
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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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